Le laboratoire Volodalen : Etude Myotest
   


VALIDITE DE L'ANALYSE DE LA FOULEE PAR LE MYOTEST

- L'appareil donne-t-il des résultats concordants avec ceux établis par un outil de référence connu et reconnu ? La question a été posée à Jean-Benoit Morin, spécialiste de biomécanique humaine au laboratoire de physiologie de l'effort de l'université de Saint-Etienne. Trouvez ses conclusions ci-dessous.
- Est-ce un appareil reproductible, donnant toujours les mêmes résultats lorsque la mesure est effectuée avec le même coureur, dans les mêmes conditions ?
- Permet-il de repérer des différences de terrain (sol dur ou mou, foulée en ligne droite ou en virage, terrain plat ou en côte) et de coureurs (typologie de la foulée et de l'appui) ?
Les deux dernières questions nous (Cyrille Gindre - Equipe Volodalen) ont été posées. Nous avons répondu.

     
  Dans la configuration retenue, l'analyse de la foulée par le Myotest est valide, reproductible et sensible. Il permet de différencier les types d'appui et de foulées. Mais qu'on ne se trompe pas, les valeurs qu'il fournit ne doivent pas être comparées de manière simpliste à celles rapportées par d'autres systèmes d'analyse. Sans quoi on risque de prendre un traileur qui "pistonne sur l'appui" pour un sprinteur lancé à 36 km/h. Explications !  
     

Validité de l'analyse de la foulée par le Myotest et Tapis ADAL

Après avoir comparé les valeurs fournies par le Myotest, un second accéléromètre commercialisé et le tapis ADAL (référence : tapis roulant avec plateformes de force intégrées), JB Morin conclue :
- "un accord satisfaisant à très satisfaisant a été observé entre MYOTEST et ADAL pour les paramètres
temporels du pas : temps de contact, vol, fréquence, pour la force verticale moyenne et les
paramètres masse-ressort dans leur ensemble à la vitesse de confort des sujets (12 à 15 km/h
respectivement)."
- Cet accord se dégrade à mesure que la vitesse de course s’éloigne de cette vitesse de confort.
- Les paramètres horizontaux montrent un accord faible entre MYOTEST et ADAL.

Autrement dit, lorsqu'on se contente d'utiliser l'accéléromètre dans le plan vertical et pour les paramètres rapportés, la validité de l'analyse de la foulée par le Myotest est bonne. Sitôt dit, sitôt fait ! Même si malheureusement, le nombre de personnes observées (n = 4) ne permet pas de conclure de manière rigoureuse.

Reproductibilité

Quand le même groupe de 10 coureurs passe et repasse au même endroit dans les mêmes conditions de forme, l'appareil donne deux fois les mêmes valeurs. Autrement dit, il n'existe aucune différence statistique entre un test et son petit frère (re-test). L'analyse de la foulée par le Myotest est reproductible.

Sensibilité au terrain

Myotest autour de la taille, 10 spécialistes d'endurance ont courru sur la piste, sur la route, sur l'herbe, en légère montée, en légère descente et en virage. Pour quoi ? Savoir si l'appareil repère des différences de foulée quand l'environnement varie. Nous avons ainsi pu observer que les mesures sont comparables sur piste et sur route. Cette concordance passée, le Myotest repère des différences dans chacune des autres situations. Par exemple, la course en virage induit une foulée "plus rasante" destinée à ne pas être éjecté à l'extérieur sous l'effet de la force centrifuge. Le Myotest "le voit". Le technicien n'y croyait pas. Enfin pas à 14 km/h. Et pourtant !

Sensibilité au profil du coureur

A même vitesse, deux coureurs aux foulées différentes ont des "paramètres Myotest" repérables. Dans les mois à venir, nous présenterons cette rencontre entre l'oeil de l'entraîneur (coureur dynamique, foulée assise...) et les mesures du Myotest. Nous verrons par exemple qu'à 12 km/h, le coureur assis présente un temps d'appui au sol augmenté de 40%. Autrement dit, on peut imaginer une rencontre constructive entre "la foulée made in terrain" et la technologie Myotest.

Les vessies ne sont pas des lanternes

Selon le Myotest, entre 12 et 15 km/h certains coureurs présentent des temps d'appui inférieurs à 100 ms. Autrement dit, à 12 km/h Bernard le traileur resterait moins longtemps au sol que la fusée Usain Bolt. Les techniciens vont s'affoler. A raison ? Certainement si l'on considère que le temps d'appui au sol est une mesure universelle. Mais figurez-vous que le Myotest ne prend pas en compte le moment où le pied touche le sol mais celui où la force appliquée est égale au poids du corps. Résultat, le temps d'appui est rogné et le temps de suspension augmenté. Avec les mesures Myotest, l'athlète parait plus aérien. Pourtant, il n'en est rien. Les résultats fournis par le Myotest doivent être comparés à eux-mêmes (effet temps). Toute comparaison à un autre système de mesure (caméra, plateforme de force, optojump...) impose une vive prudence. Dans ces conditions, on peut voir en chiffres la foulée évoluer, la connaissance progresser et les coureurs se démarquer ; selon qui ils sont quand ils courent. Sous l'oeil du Myotest...

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