Quand on tente de comprendre l'évolution "naturelle" de la vitesse de course des espèces vivantes, on pense de facto au modèle "proie – prédateur". Vous savez la gazelle qui court de plus en plus vite pour échapper au guépard contraint d'améliorer sa vitesse de course ce qui induit de fait une vitesse plus grande chez la gazelle en lutte pour sa survie. Ce système sans fin d'une coévolution des qualités de vitesse dans une "lutte à deux" est usuel et fort. Malheureusement il est faux ! Du moins si l'on en croit les conclusions d'une étude publiée dans la très sérieuse revue "Nature".
Les chercheurs ont comparé les effets de la prédation (proie – prédateur) et de la compétition à l'intérieur de l'espèce (compétition des individus entre eux pour accéder aux ressources) sur l'évolution de lézards. Résultat, la prédation tombe à l'eau.
Résultats
La prédation ne modifie pas les corps et les qualités des lézards. Mais l'augmentation de la densité de la population de lézards (donc de la compétition entre eux) améliore la survie des lézards plus grands disposant de pattes plus longues et d'une course plus rapide.
Cette étude n'est pas la première à montrer que le devenir d'une espèce repose avant tout sur les pressions inhérentes à l'environnement et aux autres individus de l'espèce. N'en déplaise au fameux modèle du prédateur qui court après la proie et l'oblige à s'améliorer ou à mourir. La puissance de l'image ne dit pas sa véracité.
Certains utiliseront ces résultats pour soutenir que la meilleure manière de progresser en course est encore de se confronter durablement aux meilleurs. Ont-ils raison, ont-ils tord d'oser le grand saut entre "lézards coureurs" et "coureurs qui jamais ne lézardent" ? On vous laisse prendre position.
Référence
Experimentally assessing the relativae importance of predation and competition as agents of selection. Calsbeek R, Cox RM. Nature. 2010 Jun 3;465(7298):613-6
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