histoire(s) de courses - l'entraînement au XXème siècle - tableauu récapitulatif
   

Tableau récapitulatif des terminologies de l'entraînement à la course : point de vue historique

Cette page reprend les principaux termes utilisés dans le cadre de l'historique de l'entraînement et pouvant poser des problèmes de sens.
Un tableau rapporte les appellations assignées aux procédés d'entraînement, leur assigne des caractéristiques et rend compte des différences qu'il y a pu avoir entre l'usage initial et l'utilisation qui suivie.

Un tableau portant sur les termes utilisés dans le cadre de l'entraînement est présenté dans le secteur "tout sur l'entraînement". Il reprend des terminologies plus actuelles et plus techniques en faisant le lien entre le sens reconnu du mot et celui assigné dans le cadre de l'entraînement.

Ambiguïté des termes "historiques"

Procédés
Définition - Historique - Caractéristiques
Fartleck Historique
Formalisé par l'entraîneur suédois Gosse Holmer et popularisé par Gösta Olander dans les années 30-40, le terme "fartleck" s'applique à un travail de variations d'allures et d'exercices en nature. Il fait appel aux sensations du coureur et s'enrichit des caractéristiques du terrain.
Evolution
Rapidement, des formes codifiées de fartleck ont vu le jour, de telle manière que la frontière avec l'entraînement par intervalles n'était parfois plus que géographique (piste ou nature).
Interval training
ou entraînement par intervalles
Un intervalle est un espace de temps compris entre deux instants, entre deux phénomènes.
Voyons pourquoi ce procédé d'entraînement est basé, non pas sur les courses elles-mêmes, mais sur ce qui les sépare.
Historique
Le procédé a été formalisé par Reindell et Gerschler dans les années 30. A l'origine, il fut appliqué par Reindell aux déficients cardiaques et adapté par Gerschler au domaine de l'entraînement sportif.
Sens
Comme son nom l'indique, le point essentiel de cet entraînement est l'intervalle c'est à dire le temps compris entre les courses. C'est pendant cette phase que l'adaptation cardiaque (remplissage du cœur) est censée être la meilleure.
"le principal facteur du processus d'adaptation du cœur ne réside pas dans l'effort lui-même, mais dans l'intervalle" (professeurs Reindell et Roskamm in Chanon)
Caractéristiques
Efforts : inférieurs à 1' amenant la FC à 170-180 pulsations (distances comprises entre 200m et 400m)
Intervalles : compris entre 45" et 1'30". Reprise lorsque la FC atteint 120-130 puls/min. Si la FC n'a pas le temps de redescendre suffisamment, l'intensité doit être diminuée.
Volume : répétitions très nombreuses (15 à 30)
Exemple : 20 x 400m récup. environ 1'
Versant quantitatif adapté par Zatopek
Il consiste en un découpage de la compétition préparée en répétitions entrecoupées d'intervalles respectant les directives allemandes. A son paroxysme, Zatopek accomplit jusqu'à 100x400m en une journée.
Fractionné Une fraction est une partie d'un tout. Fractionner signifie diviser, partager le tout en plusieurs parties.
Dans le cas de l'entraînement, le tout est la compétition alors que les parties sont les distances inférieures à la compétition accomplies à l'entraînement.
Le fractionné est donc une pratique visant à préparer une course en divisant cette épreuve en plusieurs courses plus courtes. Nous sommes très près de la signification donnée par Zatopek à l'interval training. En France, le terme fractionné est même devenu synonyme d'entraînement par intervalles.
Pourtant, la différence entre les deux méthodes est liée au fait que dans le fractionné, la récupération est un temps mort nécessaire, permettant à l'athlète de s'entraîner aux allures de course. Initialement, cette pause était souvent plus longue que celle préconisée par Reindell et Gerschler. Toutefois, cette différence a été progressivement gommée par la pratique.
Ex : 10 x 200m pour préparer un 2000. récupération : 2'
Répétitions
Ce terme a été particulièrement utilisé par les entraîneurs anglo-saxons. Il s'appliquait à un travail de courses effectuées à des vitesses proches du maximum et entrecoupées de récupération quasiment complètes.
Les intensités utilisées sont supérieures à celles rencontrées en course de demi-fond.
En pratique, le travail par répétitions est devenu, pour de nombreux entraîneurs, synonyme de fractionné ou d'interval training.
Spécifique
Spécifique à quoi ?
A la compétition.
Là encore la différence avec un procédé comme le fractionné est bien difficile à signifier.
Au début du siècle, le spécifique renvoyait généralement à une redite de la compétition. L'entraînement se faisait à des allures et sur des distances proches de celles de l'épreuve.
Même si la pratique a bien évolué, l'idée qui consiste à "refaire" l'épreuve a été gardée. Actuellement, le terme spécifique est attribué à des exercices visant à reproduire le plus fidèlement possible l'ensemble des conditions de la compétition. Selon les pratiques, ce sens est appliqué à un nombre plus ou moins grand de paramètres. Pour certains entraîneurs, la seule prise en compte de la vitesse de course suffit à déclarer un entraînement "spécifique". D'autres coaches s'attachent à jouer sur la vitesse, les variations d'allures et les récupérations. Enfin, c'est parfois un nombre très important de critères qui est rapporté aux conditions de l'épreuve (volume, vitesse, récupérations, adversaires, imprévus potentiels, techniques des foulées et tactiques de course…).
Spécifique
Travail de train, d'allure, de tempo, de cadence…
de rythme
Ces termes se rapportent tous, plus ou moins explicitement, à l'utilisation d'une vitesse de compétition. Ils se rapprochent donc du sens donné au travail spécifique. La différence réside dans le fait, que ces termes ont une connotation de régularité. Le terme "travail de tempo" se rapporte souvent à l'apprentissage par le coureur de l'allure moyenne qu'il souhaite tenir en compétition.
En revanche, le terme de rythme fait penser à un travail de spécifique visant à gérer les différentes allures observées pendant l'épreuve.
Intermittent
Terme utilisé assez récemment dans le cadre de l'entraînement, intermittent se dit de ce qui s'arrête et reprend ; de ce qui est entrecoupé (vient du latin intermittere signifiant discontinuer).
Cette définition est si large qu'elle pourrait s'appliquer à toutes les formes de travail rassemblées dans ce tableau.
En pratique, un certain nombre d'entraîneurs français (cf Gacon) ont réservé l'usage de ce terme à des exercices de courses présentant des variations d'allures extrêmement rapprochées (Ex : 30" vite, 30" lent).
Si à l'origine, les frontières entre les différents termes rapportés étaient à peu près identifiables, ce n'est plus le cas actuellement. Les glissements de sens qui sont intervenus s'expliquent par différents faits :
à la base les termes sont polysémiques (ex: répétitions)
la pratique de chaque procédé a évolué (fartleck libre à codifié),
les contextes de mise en œuvre se sont multipliés (spécifique 3000m = interval training)….
A travers ces glissements, les langages et les pratiques n'ont fait qu'exprimer leur vitalité. Il nous semble dérisoire et non à propos de vouloir faire la part de terminologies et de pratiques qui s'interpénètrent autant. Dans la pratique, chaque entraîneur sait ce qui se cache derrière chaque terme qu'il utilise et cela nous semble bien le principal.
Dans tous les cas, une tentative visant à établir des catégories bien tranchées nous semble vouée à l'échec ou au désintérêt. Un terme ne vaut que par le contexte auquel il s'applique. Le mot spécifique appliqué au 800m peut se rapprocher du sens initial donné à l'entraînement par répétitions. Appliqué au 3000m, il déterminerait un procédé très proche de l'interval training !


Bibliographie indicative

Chanon R. L'entraînement à la course. Editions universitaires, France. 1970.
Galloway J. Jogging et course de fond. Conseils et programmes d'entraînement. Editions Amphora, Paris. 1988.
Jeannotat Y. Des méthodes et des hommes ou le passionnant duel Gerschler-van Aacken. Revue AEFA. 1968 ; 20 : 39-42.
Mulak J. Vitesse et résistance-vitesse dans le demi-fond et le fond. Revue du comité olympique polonais. 1967, 1. Traduction INS n° 629.
Newsholme E, Leech T, Duester G. La course à pied. Bases scientifiques, entraînement et performances. Editions De Boeck Université, Bruxelles. 1998.
Van Aacken E. De l'opposition entre la méthode d'entraînement du type "marathon" (ou de fond) et celle dite par "intervalles". Documentation sportive de l'INS. 1968 ; 14.
Film vidéo : The supermilers. The 4 minutes barrier and beyond
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