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POUR QUELQUES GRAMMES DE TROP

En matière de préférences alimentaires, tous les goûts sont dans la nature. Et pourtant, on est nourris de régimes qui nous assurent de vivre jeunes étant vieux. Ce fut par exemple le régime Atkins puis Montignac et aujourd'hui le nouvel Atkins ou celui qu'on appelle Dukan. On pourrait ajouter les régimes Mayo, Hollywood, Shelton et quelques dizaines d'autres encore.  On peut aussi s'essayer à quelque séparation : d'un côté ceux qui mangent paléolithique, fruits, légumes et viande à volonté, de l'autre ceux qui soutiennent l'avènement de l'agriculture et de ses céréales pour tous. Et qui au milieu ?

Sommaire
Régime ta frime
Affine ta ligne
L'endurance sans attributs

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  Régime ta frime

On s'est souvent élevé contre les régimes qui ne fonctionnent pas dans près de 9 cas sur 10. On a souvent répété que la "restriction volontaire" engendre plus souvent un effet yoyo qui déstabilise et accélère ce qu'elle est censée combattre. On a aussi entendu que les régimes hyper-protéinés pouvaient détruire les reins. Sur ce dernier  point, il semble en fait qu'il n'en soit rien. Une recherche bibliographique indique "qu'une restriction protéique peut être appropriée pour le traitement des maladies déclarées des reins " mais "qu'aucune évidence ne soutient un effet délétère d'une haute ration protéique (jusqu'à 2.5 fois le quantité recommandée) sur la fonction rénale de personnes en bonne santé". Et allez hop, encore une idée très partagée qui passe à la trappe.

Référence : Dietary protein intake and renal function. Martin WF,  Armstrong LE, Rodriguez NR. Nutrition & Metabolism 2005, 2:25.


  Affine ta ligne

20.000 ans avant aujourd'hui, l'avènement timide puis soudain de l'agriculture a fait basculer le régime traditionnel d'un modèle "graisses-viandes" qui dominait depuis 2.5 millions d'années, à un modèle "sucres-céréales" qui s'est considérablement renforcé depuis. A tel point que dans les années 1960, il a été décrété que ce dernier modèle était définitivement le bon. Pour preuve un gramme de graisses apportait 9 calories contre 4 seulement pour le même poids de sucres. On tenait le responsable de l'embonpoint qui pointait le bout de son ventre. Les graisses maudites devaient être évincées. Oui mais depuis l'embonpoint s'est envolé ; plus fort encore. Alors quoi ? Certains chercheurs pensent que la prise de poids n'a rien à voir avec les aliments que l'on mange. Seule la quantité d'énergie ingérée nous rendrait gros. Oui mais par rapport à 1960, nous ingérons 500 calories de moins par jour et pourtant nous continuons à grossir. L'activité physique serait-elle le divin secret ? Si on se fie à la quantité d'énergie consommée durant un footing de 30 minutes, on est en droit d'en douter. Certains chercheurs préfèrent mettre l'accent sur la qualité nutritionnelle de nos aliments. On mangerait plus pour trouver les minéraux et les vitamines dont notre corps a besoin et que nos aliments agro-industriels n'apportent plus. Dans cette optique, la qualité permettrait de se passer de la quantité. On trouve enfin des chercheurs persuadés que le stress de nos vies affairées et solitaires, autant que celui généré par nos modèles alimentaires (le bien et le mal dans l'assiette), nous a déconnecté de la saveur des aliments et des régulations qu'en d'autres circonstances (calme, apaisement, amour du goût…), notre corps activerait pour signifier qu'on a assez mangé. On trouvera sûrement quelque vérité dans chacune de ces approches. Comme dans la vision de la biologie évolutionniste qui précise que les besoins et les préférences de chacun dépendend de son histoire et de celle de ses ancêtres. Par exemple des peuplades d'éleveurs se seraient habituées à digérer le lait. Cet aliment consommé la vie durant, serait donc au poil pour certains et problématique pour d'autres. Il n'est pas interdit de penser qu'il pourrait en être de même du rapport aux sucres, aux graisses ou aux protéines. Quant au rapport au stress et aux autres, il faudrait demander à nos ancêtres comment ils se sentaient et s'entendaient.

  L'endurance sans attributs

Les athlètes d'endurance à l'affût du moindre gramme à perdre, vont certainement lire ce qui suit avec effroi. Car en matière de poids perdu et d'endurance gagnée, certaines espèces sont allées loin, incroyablement loin. Vous savez peut-être que les araignées néphiles femelles, ont la sale habitude de manger leur amant une fois l'acte accompli. Pour éviter la lourde sentence qui tombe 3 fois sur 4, il arrive que le mâle se retire avant d’avoir terminé de copuler, "oubliant" au passage tout ou partie de son appareil génital dans le ventre de la femelle. C'est déjà une aventure en soi. Ce n'est pourtant que le début de l'histoire. Partiellement ou complètement eunuque, le mâle continue de vivre et de hanter la toile de l'araignée femelle empêchant tout intrus d'approcher. Or, les observateurs ont constaté que sans ses atouts virils, la vigueur au travail et l'endurance du mâle, semblaient décuplées. Et bien figurez-vous que des scientifiques l'ont "enfin" prouvé. Des mâles partiellement ou totalement émasculés ont vu leurs performances en endurance (temps de maintien de l'effort) augmenter respectivement de 32% et 80%. Ça fait rêver non ? L'explication proposée par les chercheurs de l'université de Singapour est à la fois simple et terrible. Les moitiés d'eunuque ont perdu 4% et les "tout eunuques" jusqu'à 9% de leur poids de corps. Moins lourds, les mâles sont devenus plus endurants. Messieurs, si vous voulez progresser en endurance, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Mais non, on rigole !

Référence : Emasculation: gloves-off strategy enhances eunuch spider endurance. Lee QQ, Oh J, Kralj-Fiser S, kuntner M Li D. Biol Lett. 2012 Jun 13.