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Un mag au printemps

Le printemps est de retour et avec lui la lumière, les fleurs, les senteurs, les hirondelles et les régimes. Sous le soleil, nous nous voulons plus beaux, plus heureux donc plus maigres. Rien d'anormal dans un pays dont 40% de la population est en surpoids. Mais ce que nous voulons, nous ne l'aurons pas. Du moins pas avec les régimes seuls...

Sommaire
Quelques règles éternelles...
La Méditerranée dans l'assiette
La foulée du silence

  Quelques règles éternelles...


Le soleil de retour, la saison des maillots de bain pointe le bout de son nez. Soucieux de leur apparence physique, certains associent le printemps à la privation. C'est le temps des tisanes, des régimes et des crèmes amincissantes. Le temps des désillusions aussi. Plus ou moins rapidement, la personne craque, reprend ses veilles habitudes et les kilos avec. Après quelques années, 80% des femmes reprennent une bonne part du poids préalablement perdu. Autant dire que les régimes seuls ne fonctionnent pas. La course à pied forcée non plus ! Nous ne pouvons comprendre notre équilibre énergétique sans parler de notre équilibre de vie, sans dire l'alimentation, l'action et l'émotion. Pour maintenir durablement un comportement, nous devons éprouver un plaisir dans l'acte lui-même. Bien manger et bouger selon nos préférences. Sur cette base, nous avons de bonnes chances de mettre en place un cercle vertueux par lequel l'exercice physique modifie nos comportements alimentaires et le jugement que nous portons sur notre vie. De proche en proche, notre rapport à l'exercice, à l'alimentation et aux émotions devient plus riche, les frustrations moins grandes, le ciel plus bleu, la vie moins lourde.


Références : Effect of dietary adherence with or without exercise on weight loss: a mechanistic approach to a global problem. Del Corral P, Chandler-Laney PC , Casazza K , Gower BA , Hunter GR . J Clin Endocrinol Metab. 2009. Voluntary and forced exercise influence the survival and body composition of ageing male rats differently. Narath E, Skalicky M, Viidik A. Exp Gerontol 2001 ; 36 (10) :1699-711. Physical activity in relation to long-term weight maintenance after intentional weight loss in premenopausal women. Mekary RA, Feskanich D, Hu FB, Willett WC, Field AE. Obesity ( Silver Spring ). 2010;18(1):167-74.


  La Méditerranée dans l'assiette

Deux études viennent de montrer coup sur coup, qu'une alimentation à l'occidentale (produits transformés, sucres…) augmente le risque de dépression (+58%) alors qu'une alimentation méditerranéenne (fruits, légumes, puissance) diminue les maux de l'âme (-30%). La forte proportion d'antioxydants, de vitamines du groupe B et d'acide gras polyinsaturés dans le régime méditerranéen serait garant d'une bonne santé mentale. Ces études sont peut-être les premières à établir aussi clairement que notre alimentation est capable de nous habiller de la tête aux pieds.

Références : Dietary pattern and depressive symptoms in middle age. Akbaraly TN, Brunner EJ, Ferrie JE, Marmot MG, Kivimaki M, Singh-Manoux A. Br J Psychiatry. 2009;195(5):408-13. Association of the Mediterranean dietary pattern with the incidence of depression: the Seguimiento Universidad de Navarra/University of Navarra follow-up (SUN) cohort. Sánchez-Villegas A, Delgado-Rodríguez M, Alonso A, Schlatter J, Lahortiga F, Serra Majem L, Martínez-González MA. Arch Gen Psychiatry. 2009;66(10):1090-8.

  La foulée du silence

Pendant une année d'entraînement, un coureur sur trois se blesse plus ou moins gravement. Les coureurs qui posent le pied au sol en douceur seraient en partie protégés (réduction des risques de fractures…). Mais comment faire pour ne plus taper les pieds au sol ? Une première solution consiste à faire appel à un spécialiste capable de donner les recommandations techniques adaptées à la foulée du coureur. Selon cette approche dite cognitiviste, le changement technique est induit par une consigne comprise et appliquée par l'athlète. Une seconde alternative dite écologique, postule qu'un comportement émerge des contraintes imposées par l'environnement ou par des paramètres de contrôle. Il suffit par exemple d'imposer au coureur "le silence des appuis" pour qu'il s'exécute. On peut aussi lui demander de réduire la force appliquée au sol. Une étude parue en avril 2010 montre qu'un feedback donné pendant la course par un accéléromètre, permet au coureur de réduire presque instantanément la force qu'il applique au sol. Cette approche écologique par le bruit ou la force présente toutefois un gros hic : la multiplicité des chemins pour parvenir à une même fin. Par exemple, un coureur est capable de réduire le bruit au sol en passant sur la plante de pied mais aussi en pliant exagérément la jambe de manière à accentuer le déroulé de pied au sol (allongement du temps d'appui). Si les deux comportements réduisent le bruit, seul le premier est susceptible d'améliorer le rendement de la foulée. Autant dire qu'il faudrait à la fois pouvoir contrôler la force et l'alignement sur l'appui pour espérer améliorer la foulée et prévenir les blessures. Seul l'entraîneur expert est aujourd'hui capable de cela. Et demain ? Une technologie encore en développement (Myotest Run) pourrait bientôt renseigner in situ le coureur sur les principaux paramètres de sa foulée. L'idée est révolutionnaire : Courir avec un petit appareil capable de renseigner le coureur en temps réel sur l'efficacité de sa foulée. Un appareil qui serait à la foulée ce que le cardiofréquencemètre est au cœur. Mais une foulée n'est pas un cœur. Alors, la révolution aura-t-elle lieu ? Difficile à dire. La "technologique embarquée" est à l'étude. L'avenir nous dira si la "technique Myotest" saura donner à nos foulées ce que le cardiofréquencemètre a donné à nos cœurs.

Référence : J Orthop Sports Phys Ther. 2010;40(4):206-13. Reducing impact loading during running with the use of real-time visual feedback. Crowell HP, Milner CE, Hamill J, Davis IS.



Photographies : Nicolas Galinotti : http://www.flickr.com/photos/packedbox