| Un mag d'hiver sous le signe de la liberté (ou presque)
Sommes-nous libres ou déterminés dès la naissance ? Vaste question à laquelle ce mag d'hiver ne tente surtout pas de répondre. Et pourtant, côté grand air le mag propose de remplacer les séances programmées par la course en liberté. Serait-ce la fin des coachs "sport et santé" ? Côté loterie, le mag nous rappelle que pour éviter les tendinites d'Achille, la chance a son importance. Génétique mon cher Watson !
Sommaire
Laissez-les courir en liberté
Bouger n'est pas gagner
Génétique mon cher Watson
Génétique encore
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Laissez-les courir en liberté ? |
Vous cherchez le meilleur programme d'entraînement pour votre santé et votre bien-être ? Inutile de faire le tour des experts en la matière. Ce programme est en vous. Soyons plus précis ! Disons que les personnes qui choisissent les exercices selon leurs préférences, voient leurs qualités progresser aussi vite que celles qui suivent un programme concocté par un expert. Ajoutons que le niveau de plaisir ressenti est souvent plus élevé chez les premiers ce qui pourrait expliquer qu'à long terme, l'adhésion à la pratique physique est meilleure. Quand on sait que le bénéfice obtenu est directement lié à la continuité de la pratique, on comprend l'intérêt de prendre en compte le ressenti et les préférences des sportifs. Quant à l'expert de l'entraînement et/ou de la santé, s'il ne l'est pas déjà il gagnera sûrement à devenir un compagnon de route. Un pédagogue au sens littéral du terme* plutôt qu'un spécialiste** cantonné à produire des programmes d'entraînement.
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* Etymologiquement, le pédagogue serait la personne accompagnant les enfants sur le chemin de l'école afin de leur éviter de mauvaises rencontres.
** Puisqu'on est dans l'étymologie, savez-vous que le mot "spécialiste" plongerait ses racines dans le terme idiôtês (en grec ancien) qui, en français, a donné le mot "idiot". Enfin, avec l'étymologie, on ne sait jamais trop !
Référence : Let them roam Free ? Physiological and psychological evidence for the potential of self-selected exercise intensity in public health. Ekkekakis P. Sports Med 2009;39(10):857-888.
Le sport est régulièrement mis à l'honneur pour ses mille vertus en matière de prévention des maladies cardiovasculaires et de certains cancers, de régulation des troubles de l'humeur et des dépressions… Mais à trop regarder le soleil, on risque de se rendre aveugle au fait que le sport a aussi ses obscurités. Jugez-vous même ! Une équipe finlandaise a récemment analysé le parcours de plus de 50000 adolescents hospitalisés pour blessure(s). Chez ces jeunes, les fractures et les entorses représentaient le tiers des blessures. Le genou, le tibia, la tête, le cou, la cheville et le pied étaient particulièrement touchés. Mais l'intérêt principal de l'étude résidait dans la prise en compte des facteurs de risques. Et sur ce point, l'alcoolisme et la consommation quotidienne de cigarettes occupaient la deuxième et troisième place du podium. Quant au facteur le plus étroitement associé au risque de blessure, il s'agissait de la pratique sportive en club. Mais pas d'affolement pour autant. Le sport en club a bien des cordes à son arc dont celui de renforcer le lien social. Et au final, chacun sait qu'il vaut mieux "voir nos jeunes faire du sport que trainer dans la rue à boire et à fumer" .
Référence : Participation in sports clubs is a strong predictor of injury hospitalization: a prospective cohort study. Mattila VM, Parkkari J, Koivusilta L, Kannus P, Rimpelä A. Scand J Med Sci Sports . 2009;19(2):267-73.
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Génétique mon cher Watson ! |
En Italie, un meurtrier a récemment bénéficié d'une réduction de peine d'un an pour des raisons psychologiques, sociales mais aussi génétiques. Les juges ont considéré que la réaction violente de l'accusé a été exacerbée par des particularités génétiques qui "selon de nombreuses recherches internationales, augmentent de manière significative le risque de développer un comportement agressif impulsif" . Ce jugement rappelle combien l'explication génétique est entrée en force dans nos tentatives de compréhension des Hommes et de leurs réactions. L'exercice physique n'est pas en reste. Les relations établies entre profil génétique et performances sportives se multiplient. Par exemple les gènes PPAR et PCG-1 sont davantage exprimés chez des cyclistes d'élite que chez des sédentaires. Facile à comprendre quant on sait que plus ces gènes sont exprimés, plus le sportif dispose de fibres musculaires adaptées à l'utilisation de l'oxygène donc à l'endurance. Même topo pour les sports de puissance. Et si vous souhaitez savoir si vous êtes né pour la puissance ou l'endurance, il vous suffit d'envoyer quelques cellules (prélevées par exemple au niveau de la bouche) et quelques dizaines d'euros aux "bons laboratoires". Vous recevrez la sentence après quelques jours seulement. Vous trouvez peut-être que le mot "sentence" est exagéré. Sans doute ! Sauf à imaginer que les gènes font à la fois les assassins et les champions.
Référence : © 2009 AFP ; dépêche publiée le 26 octobre 2009. Human skeletal fibre type variations correlate with PPARa , PPARd and PGC-Ia mRNA. Krämer DK, Ahlsén M, Norrbom J, Jansson E, Hjeltnes N, Gustafsson T, Krook A. Acta Physiol 2006, 188, 207-16. Article Volodalen écrit en 2007.
Si les gènes peuvent aider à devenir champion, ils seraient également capables de calmer les velléités des fous d'entraînement. Songez que si vous êtes né avec le mauvais allèle du gène COL5A1, vous avez de bonnes chances de vous ramasser une tendinite d'Achille. Et inutile de réclamer une remise de peine. Le juge qui vous l'accordera n'est pas encore né.
The COL5A1 gene and Achilles tendon pathology. Mokome GG, Schwellnus MP, Noakes TD, Collins M. Scand J Med Sci Sports 2006:16:19-26.

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