L'hiver sera rude. Protégeons-nous. Au programme, bifidus actif et vitamine C pour réduire les risques de rhume, chaussettes chaudes pour les tendinites d'Achille. Avec une telle préparation, les records ne vont pas tarder de tomber.
Ce qu'il fait à l'intérieur se voit à l'extérieur. Vous vous souvenez peut-être de ce message publicitaire pour un yaourt pas comme les autres. Mais fait-il réellement du bien à l'intérieur ce yaourt au bifidus actif ? Bifidus et autres bactéries peuplent les yaourts que nous mangeons. Ces dernières années, certaines de ces bactéries ont acquis le statut de stars. Reconnaissance scientifique pour des effets démontrés sur le système immunitaire ou sur le traitement de l'ulcère de l'estomac, reconnaissance officielle par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (afssa)… Et pourquoi pas effets sur les performances en endurance ?
Des chercheurs de l'institut australien des sports ont évalué les effets d'une lactobactérie (lactobacilus fermentus VRI 003) sur le système immunitaire de coureurs d'endurance d'élite. La performance, l'immunité et les épisodes infectieux ont été pris en compte. Pour les résultats que voici…
Résultats
A l'issue du suivi, le groupe de coureur supplémenté rapportait deux fois moins de jours (30 jours) de symptômes respiratoires comparativement au groupe placebo (72 jours). Le niveau de gravité des infections tendait également à diminuer pour les coureurs complémentés en bifidus. Ces améliorations de la santé n'avaient toutefois pas d'effets sur les performances. Mais tomber moins souvent malade quand on s'entraîne 150 km par semaine, c'est déjà une petite victoire. La publicité n'est donc pas toujours mensongère tant ce que ce bifidus fait à l'intérieur se voit à… l'intérieur
Référence : Oral administration of the probiotic Lactobacillus fermentum VRI-003 and mucosal immunity in endurance athletes. Cox AJ , Pyne DB , Saunders PU , Fricker PA . Br J Sports Med. 2008
Un hiver sans rhume grâce à la vitamine C ?
Chaque année, une équipe de chercheurs s'évertue à reprendre les études réalisées sur la vitamine C pour tenter de comprendre ses incidences sur un certain nombre de pathologies dont le rhume. Plus de 11 000 personnes sont concernées par cette méta-analyse. Dans leurs conclusions, les auteurs différencient la population standard et les sportifs exposés à des périodes d'entraînement intense. Pour le commun des mortels, la supplémentation en vitamine C (dose minimale journalière de 200 mg) échoue à réduire l'incidence du rhume. Pour les chercheurs la traditionnelle cure de vitamine C appliquée à toute la population n'est pas justifiée. En revanche, une consommation régulière de vitamine C peut bénéficier aux personnes exposées à de brèves périodes de froid ou aux sportifs adeptes de l'exercice physique intense.
Référence : Vitamin C for preventing and treating the common cold. Douglas RM , Hemilä H , Chalker E , Treacy B . Cochrane Database Syst Rev. 2007;(3):CD000980
De bonnes chaussettes pour un hiver sans blessures ?
Plus de 8 millions de français pratiquent la course à pied. L'hiver, nous sommes un peu moins nombreux à chausser les baskets mais un peu plus nombreux à nous blesser. Aux côtés du poids, du kilométrage, de la puissance musculaire et de la raideur, le froid est un facteur favorisant les blessures du coureur. Une étude menée auprès de militaires a permis de montrer que 9.4 % des recrues développaient une tendinite d'Achille en hiver contre 3.6 % seulement en été. La membrane du tendon est riche en substances qui agissent comme un lubrifiant en permettant au tendon de glisser. Avec la baisse des températures, la viscosité du lubrifiant augmente de telle manière que le glissement du tendon devient plus difficile. Pour l'hiver, laissons donc les chaussettes basses dans les armoires et face au froid, couvrons nos tendons.
Référence : Cold weather training: a risk factor for Achilles paratendinitis among recruits. Milgrom C, Finestone A, Zin D, Mandel D, Novack V. Foot Ankle Int. 2003;24(5):398-40.
Pourquoi nous nous blessons ?
Pourquoi certains coureurs se blessent régulièrement alors que d'autres font une carrière de coureurs sans maux ? Selon le type de blessures, plusieurs facteurs favorisants ont été rapportés. Parmi les plus souvent cités notons le poids, le volume d'entraînement, plus surprenant la raideur des ischios-jambiers (muscles situés à l'arrière de la cuisse). Enfin, la fréquence des blessures est proportionnelle à l'impact du pied au sol. Les coureurs qui "rasent le sol" - ou de manière plus imagée les coureurs qui "passent les patins" - risqueraient donc moins de se blesser. D'ailleurs avec l'âge, notre course tend vers cette foulée. Preuve que le corps tente toujours de se débrouiller pour fuir là où ça fait mal.
Référence indicative : Evaluation of lower extremity overuse injury potential in runners. Hreljac A , Marshall RN , Hume PA . Med Sci Sports Exerc. 2000;32(9):1635-41.
Records : Rien ne vaut une bonne descente
Les 10 km hommes et femmes les plus rapides du monde ont été courus cet automne dans le temps de 25'42" pour le vainqueur homme – le kenyan Hyvon N'getich – et de 29'04" pour la première femme – Elisah Kiror. Vous n'en avez pas entendu parler ? Peut-être parce que les organisateurs ont quelque peu "amélioré" le profil de la course. Les 10 km d'El Paso au Texas sont en effet disputés sur une pente régulière. Le dénivelé total avoisine 450m. Et inutile de dire que c'est un dénivelé négatif. Ce coup de pub pour la marque organisatrice a au moins le mérite de montrer que pour battre des records, rien ne vaut une bonne descente.