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Le mag n° 28 : printemps 2008, le mag des va-nu-pieds

Avec le printemps, le Volodalen nouveau est arrivé. Nouveau visuel, dès à présent nouveau moteur de recherche permettant d'accéder à des centaines d'articles commentés, dans les mois à venir de nouveaux dossiers et une collaboration nouvelle avec les magazines Zatopek et Sport et Vie. Avec le septième printemps Volodalen, les fleurs nouvelles sortent de terre. Qui a dit qu'il n'y avait plus de saison ?

Va-nu-pieds


Vous connaissez le va-nu-pieds. Un vagabond errant dans un dénuement tel que l'homme n'a pas même les moyens de porter une paire de chaussures. Appliqué à la course à pied, vous connaissez aussi l'antithèse du va-nu-pieds. Vous l'appelez le coureur technologique, doté des dernières innovations qui, sans nul doute, rendent sa course plus aisée, ses performances plus sûres. Et c'est entendu, vous savez que la part essentielle de son équipement tient dans ses chaussures. Celles avec lesquelles - aux dires des fabricants - impossible n'est rien. Et pourtant. Savez-vous ce qu'il convient de porter à vos pieds pour être plus efficace en course ? Rien (article 1 ci-dessous). Pieds nus, nous sommes plus efficients que dotés de chaussures, quand bien même seraient-elles les plus technologiques du monde. Bien-sûr vous pouvez arguer que les chaussures servent avant tout à nous protéger. Vous pouvez assurer que nos chaussures sont avant tout le moyen de notre confort. Alors savez-vous quelle paire de chaussure il conviendrait d'acheter pour bénéficier d'un meilleur confort ? La moins chère (article 2). Et puis, savez-vous ce que s'évertue à faire notre corps lorsque nous lui imposons une chaussure trop amortie ou trop dure selon son goût ? Il durcit ou adoucit la foulée. En d'autres termes, notre corps s'adapte pour faire comme s'il n'avait jamais eu de chaussures à porter. Peut-être que dans ses déambulations indigentes, le va-nu-pieds n'a pas cela en tête, mais peut-être aussi que ce que nous avons en tête dans nos footings technologiques ne correspond pas exactement à la réalité du bien-chaussé.

 
Pieds nus


Comparé à la course pieds nus, lorsque nous enfilons nos chaussures, l'énergie que nous dépensons augmente, l'efficacité de notre course baisse. Pourquoi ? Cette question, Caroline Divert se l'est posée dans son travail de thèse. L'alternative est simple. La détérioration du rendement de notre course lorsque nous sommes chaussés s'explique soit par le poids supplémentaire que les chaussures ajoutent à l'extrémité de nos jambes, soit elle s'explique par les propriétés mêmes de la chaussure. Selon cette dernière hypothèse, les chaussures pourraient - par exemple - détériorer le mécanisme de stockage-restitution d'énergie élastique qui intervient dans nos muscles et tendons à chaque appui. Un protocole astucieux a permis à la chercheuse française de proposer une réponse entre l'une et l'autre des hypothèses. Un "entre" de synthèse et non d'exclusion. Caroline Divert s'est en effet aperçue que la course sans chaussure mais avec masse ajoutée augmentait effectivement l'énergie dépensée (hypothèse 1). Mais elle a également constaté que la course pied nu avec masse ajoutée restait plus économique que la course avec chaussures de poids égal à celui ajouté (hypothèse 2). Ainsi par leur poids et leurs propriétés, les chaussures nous font courir moins vite. Alors qui veut - pour une performance en jeu - aller courir nu pieds ?

Référence : Influence du chaussage sur les caractéristiques mécaniques et le coût énergétique de la course à pied. Divert C. Université Jean Monnet. Saint-Etienne. 2005.

  Le prix ne change rien

Tel est le titre d'un article scientifique publié en octobre 2007 par une équipe anglaise. L'objectif de l'étude était de déterminer si les chaussures les plus chères d'une marque offrent un meilleur amortissement et un confort plus grand que les chaussures les moins onéreuses. Trois paires de chaussures d'une même marque ont été classées selon leur prix (faible : 60-65 €, moyen : 90-95 €, élevé : 105-110 €). Plusieurs marques de chaussures de sport ont été testées selon le principe du rapport prix / amortissement et prix / confort. Résultat : les chaussures à prix faible et moyen des différentes marques testées, apportent le même (sinon un meilleur) amortissement que les chaussures les plus chères. Enfin, il n'existe aucune relation entre le confort ressenti et le prix. En d'autres termes, que les chaussures soient chères ou pas, les coureurs ne ressentent aucune différence de confort. Bien sûr la qualité d'une chaussure ne peut se réduire au confort ressenti et aux qualités d'amorti. Des qualités comme la stabilité, le poids ou encore la robustesse sont à prendre en compte. Toutefois, les résultats obtenus par l'équipe de l'université de Dundee laissent songeurs.

Référence : Do you get value for money when you buy an expensive pair of running shoes? Clinghan RT, Arnold GP, Drew TS, Cochrane L, Abboud RJ. Br J Sports Med. 2007.

 

Transgénique

Imaginez un monde dans lequel deux personnes de même sexe puissent donner vie à un enfant qui soit biologiquement de leurs sangs. Plus étonnant encore, imaginez un monde dans lequel à partir de cellules prélevées sur sa peau, une seule et même personne puisse donner vie à un enfant. Techniquement dans quelques années ou quelques décennies peut-être, ce monde sera le nôtre. Déjà les questions éthiques des "possibles génétiques" se posent aux chercheurs comme aux citoyens. En attendant, qu'elles parlent de pathologies, de procréation ou de performance, les recherches en génétique vont bon train. La souris PEPCK-C* et son incroyable endurance nous en donne une preuve détonante. La souris PEPCK-C est une souris dont un gène intervenant dans la transformation d'énergie a été surexprimé. Cette souris modifiée soutient une vitesse de course de 20 m/min pendant plus de 4 heures quand sa collègue non manipulée renonce après quelques minutes d'effort seulement. La première parcourt 6 km contre 200 m pour la seconde. Pour les âmes insensibles aux animaux placés dans des conditions de laboratoire, nous avons placé une vidéo de la performance sur le site (lien ci-contre).

La "souris chimérique" n'est pas plus performante uniquement en course. Elle est sept fois plus active dans sa cage que la souris-contrôle. Elle mange 60 % de plus que son acolyte, et pourtant, elle a un poids deux fois plus faible et un taux de masse grasse 90 % moindre que la souris contrôle. Le rêve pour Être en mal d'une ligne de rêve. Cerise sur le gâteau génétiquement manipulé, la "souris génétique" dispose d'une espérance de vie de 2.5 ans contre 6 à 12 mois pour la souris contrôle. Plus vite, plus longtemps en course comme en vie, vous en avez rêvé, la "génétique animale" l'a fait.

Références : Overexpression of the Cytosolic Form of Phosphoenolpyruvate Carboxykinase (GTP) in Skeletal Muscle Repatterns Energy Metabolism in the Mouse. Hakimi P, Yang J, Casadesus G, Massillon D, Tolentino-Silva F, Nye CK, Cabrera ME, Hagen DR, Utter CB, Baghdy Y, Johnson DH, Wilson DL, Kirwan JP, Kalhan SC, Hanson RW. The Journal of Biological Chemistry. 2007; 282,45:32844-32855. Conférence Axel Kahn. L'homme, le bien, le mal. Montbéliard, 18 mars 2008.

* Le gène PEPCK-C est impliqué dans différentes réactions biologiques dont la formation du glycogène (néoglucogenèse) au niveau du foie. Alors que le gène est présent dans de nombreux tissus des mammifères, c'est uniquement la forme musculaire du gène qui a été suractivée dans cette étude de manière à appréhender les effets métaboliques et physiologiques d'une telle modification génétique. Parmi les effets attendus de la surexpression de la forme musculaire de PEPCK-C, les scientifiques annoncent une accélération de la vitesse du cycle de Krebs c'est-à-dire de la transformation de l'énergie en présence d'oxygène. Les résultats de l'étude semblent leur donner raison.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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(fichier WMV : 5 Mo)

Non conseillé aux personnes qui ne souhaiteraient pas voir des animaux placés dans des "conditions de laboratoire"