Le massage manuel est supposé avoir différents effets bénéfiques comme par exemple une amélioration de la circulation, une baisse de la tension musculaire, une récupération plus rapide, un sentiment de bien-être… Pourtant, les évidences scientifiques sont maigres. En utilisation un appareil mesurant l'activité électrique des muscles situés à l'arrière de la cuisse (ischios-jambiers), une équipe galloise a cherché à savoir si les massages modifiaient la contraction musculaire.
Résultat : aucun changement entre l'avant et l'après du massage. Rapportant les différentes études menées sur le sujet, les auteurs concluent que le seul effet avéré des massages est… le sentiment d'être mieux. Quand on parle massage, les scientifiques ne voient rien et les patients se sentent mieux. Se sentir bien, ce n'est pas rien, non ?
Référence indicative : Barlow A, Clarke R, Johnson N, Seabourne B, Thomas D, Gal J. Effect of massage of the hamstring muscle on selected Electromyographic Characteristics of biceps femoris during sub-maximal isometric contraction. Int J Sports Med 2007 ; 28:253-256.
Passeport biologique 1
Pour tenter de faire face aux abus du dopage et dans le but déclaré de préserver la santé des sportifs, les instances dirigeantes du sport utilisent fréquemment des stratégies de détection basées sur des notions de seuils biologiques à ne pas dépasser. Par exemple, les sportifs présentant des taux d'hémoglobine supérieurs à 17 g/100ml ou d'hématocrite supérieurs à 50 % ne peuvent participer aux épreuves sportives.
Figure 1 : Evolution sur trois années, des taux d'hémoglobine
et d'hématocrite d'un athlète
Cela a notamment été le cas pour une douzaine de skieurs de fond aux derniers jeux olympiques de Turin en 2006. A l'époque, certains athlètes criaient à l'injustice et plaidaient le taux naturellement élevé d'hémoglobine et d'hématocrite. Le cas est récurrent ; mais est-il étayé ?
La figure 1 présente l'évolution sur trois années des taux d'hémoglobine et d'hématocrite d'un "coureur sain". Les valeurs moyennes des variables biologiques de cet athlète sur cette période sont précisément égales aux valeurs limites imposées par certaines fédérations. Comme toute moyenne est le fruit de données plus ou moins dispersées, à plusieurs reprises, ce sportif dépasse la limite autorisée. Naturellement, ce sportif a des taux élevés sur ces paramètres sanguins. Naturellement ! Et pourtant, s'il avait été contrôlé avant une épreuve, ce sportif n'aurait pu participer. Alors si la stratégie des valeurs seuils pose de tels problèmes, comment faire ?
Référence : Gindre C. Données personnelles.
Passeport biologique 2
La figure ci-contre présente l'évolution de l'hématocrite d'un sportif et d'une sportive que nous qualifierons de "douteux" quant à la présomption de dopage. Même pour le lecteur néophyte, la différence avec la figure précédente apparaît au premier regard. Le sportif sain (figure 1) présente une certaine stabilité de ses variables biologiques (variations +/- 5 %) alors que les valeurs des sportifs douteux (figure 2) sont très changeantes (variations jusqu'à 20 %).
Figure 2 : Evolution sur 3 années, des taux d'hématocrite d'un sportif
et d'une sportive "douteux"
Chaque spécialiste reconnaîtra dans cette variabilité une situation "anormale". Remarquons que cet anormal se réalise chez le "sportif A" sans que jamais il ne dépasse la limite autorisée. Les variations importantes des valeurs biologiques seraient-elles donc la panacée pour confondre les fraudeurs ? Pas exactement. En effet, les "filous avertis" peuvent utiliser de nombreux stratagèmes (mixtes de produits, dilution…) pour stabiliser certaines valeurs biologiques. Pourtant, pour qui sait le lire, le corps est un système complexe qui fournit presque toujours des informations. Si les contrôles incluent un large faisceau d'indicateurs mesurés sérieusement et régulièrement puis notés dans une sorte de "carnet de santé", il va devenir plus difficile de "passer au travers". Par exemple, les deux sportifs rapportés dans la figure 2 ont vu, dans le temps du suivi, leurs réserves en fer varier, en quelques mois seulement, d'un facteur trois. Est-ce un simple hasard ?
Référence : Gindre C. Données personnelles. Malcovati L, Pascutto C, Cazzola M. Hematologic passport for athletes competing in endurance sports: a feasibility study. Haematologica. 2003 88(5):570-81
Mal aux muscles
Nous connaissons tous ces sensations qui suivent un entraînement intensif ou une compétition ; ces douleurs dans les muscles à chaque fois qu'ils se contractent. Et si, en dépit des douleurs, nous reprenons l'entraînement, que se passe-t-il ? La réponse est simple, elle s'impose même par son évidente simplicité. Quand nous avons mal aux muscles nous allons moins vite et nous trouvons pourtant l'exercice plus difficile. Il fallait bien que des scientifiques s'emploient à montrer ce que chacun sait car, nous le savons bien, tant qu'un fait n'est pas objectivé, il n'est pas…
Référence : Marcora SM, Bosio A. Effect of exercise-induced muscle damage on endurance running performance in humans. Scand J Med Sci Sports. 2007.
Footballeurs à pied
11,4 km : telle est la moyenne parcourue par les footballeurs professionnels à chaque match. Si les milieux de terrains courent davantage que leurs camarades de jeu, les différences restent limitées (10,6 km pour les arrières contre 12 km pour les milieux). Les vitesses les plus élevées (> 23 km/h) sont utilisées davantage par les avants mais également par les arrières latéraux. Les vitesses intermédiaires (11 à 19 km/h) sont l'apanage des milieux de terrain. Indépendamment de la place occupée, les footballeurs qui réalisent les meilleures performances en course à pied (test progressif de course) sont aussi ceux qui parcourent la plus grande distance pendant un match et qui courent le plus longtemps aux vitesses élevées. Enfin, alors que les arrières parcourent 119 m balle au pied par match, les avants se déplacent sur une distance de 286 m avec la balle.
100 à 300 m de course balle au pied pour 10 à 12 km parcourus pendant le match… Faut-il en déduire que les footballeurs sont avant tout coureurs à pied ?
Références : Di Salvo V, Baron R, Tschan H, Calderon Montero FJ, Bachl N, Pigozzi F. Performance characteristics according to playing position in elite soccer. Int J Sports Med. 2007;28(3):222-7. Rampinini E, Bishop D, Marcora SM, Ferrari Bravo D, Sassi R, Impellizzeri FM. Validity of simple field tests as indicators of match-related physical performance in top-level professional soccer players. Int J Sports Med. 2007; 28(3):228-35.