Qu'est-ce qui relie l'empathie (capacité à ressentir les émotions d'autrui), la compréhension des intentions d'un interlocuteur et l'apprentissage d'une nouvelle foulée ? Réponse : les neurones miroirs.
Des travaux récents ont mis en évidence l'existence chez le singe et chez l'homme de neurones qui relient directement la vision et l'action. Ces neurones s'activent de manière similaire lorsque la personne réalise un geste où lorsqu'elle regarde une autre personne réaliser ce geste. Ce réseau de neurones a été appelé système miroir parce que l'action extérieure semble se refléter, comme dans un miroir, à l''intérieur du cerveau de celui qui regarde.
Si les implications de cette découverte sont immenses (communication entre individus.), au niveau de l'apprentissage, les premiers faits confirment les connaissances déjà formalisées en pédagogie :
Imiter aide à progresser
L'imitation est plus efficace lorsqu'elle s'appuie sur ce que l'observateur sait déjà faire (le novice appendra peu en regardant l'expert)
Comprendre et agir sont intimement liés.
Alors, pédagogue, Oh ! beau pédagogue, montre-moi la foulée rêvée, mais montre-moi aussi comment je cours et comment aller progressivement de moi au rêve.
Référence indicative : Cortical activity prior to, and during, observation and execution of sequential finger movements. Calmels C , Holmes P, Jarry G, Leveque JM, Hars M, Stam CJ. Brain Topogr. 2006;19(1-2):77-88.
MP3 I
Depuis l'arrivée des minuscules lecteurs MP3, nous sommes nombreux à courir en musique. Cette habitude modifie-t-elle nos réactions en course ?
Des chercheurs ont demandé à des sportifs de choisir une musique motivante et une musique neutre puis de réaliser une performance sur 400 m avec chaque type de musique et enfin sans musique. Les "sportifs en musique" ont amélioré leurs chronos ceci quelle que soit la musique. L'amélioration des performances avec musique avait déjà été observée dans des efforts d'endurance. Elle est confirmée pour des efforts anaérobies.
Référence : The effects of synchronous music on 400-m sprint performance. Simpson SD, Karageorghis CI. J Sports Sci. 2006;24(10):1095-102.
MP3 II
L'étude qui précède laisse penser que si la musique aide à améliorer les performances, le type de musique (motivante, neutre…) n'a pas d'effets sur notre course. Et pourtant…
Lorsque nous écoutons une musique au rythme rapide en "montant le son", nous avons tendance à accélérer notre course. A l'inverse, nous préférons une musique au rythme plus lent (mais pas trop) pour un footing tranquille. Tout se passe comme si nous synchronisions nos rythmes internes au tempo de la musique. Ce synchronisme a cependant des limites. Plus la difficulté de l'effort s'accroit, plus nous avons tendance à fixer notre attention sur notre ressenti. Si les distractions musicales peuvent influencer notre course et les réactions de notre corps, face à la difficulté, elles perdent de leur importance.
Référence : The effects of music tempo and loudness level on treadmill exercise. Edworthy J, Waring H. Ergonomics. 2006 15;49(15):1597-610.
MP3 III
De nombreux coureurs refusent de courir en musique. Ils déclarent qu'avec "cet engin dans les oreilles", ils n'arrivent pas à moduler leur effort, à ressentir les signaux (plaisir, douleur, appuis…) en provenance de leur corps.
A notre connaissance, aucune étude scientifique n'a tenté de relier ce ressenti avec des données objectives (nombre de blessures, périodes de fatigue, amélioration après plusieurs semaines d'entraînement…). Les connaissances manquent ; reste le ressenti.
Les pâtes, c'est bien !
Nous connaissons tous les appellations sucres rapides et sucres lents. Derrière ces vocables se cache la notion d'index glycémique. L'index glycémique est un indicateur de la vitesse à laquelle les sucres pénètrent dans le sang.
Certains aliments – comme la baguette de pain blanc – sont rapidement assimilés alors que d'autres – comme le soja ou les pâtes –, demandent plus de temps.
Dans le monde, plusieurs laboratoires étudient les relations entre cet index glycémique et les performances en endurance. Les conclusions des études menées sur ce thème au sein du laboratoire de l'université de Loughborough (Royaume-Uni) sont les suivantes : Manger des aliments à faible (féculents…) plutôt qu'à fort (sucres rapides) index glycémique trois heures avant un exercice, favorise l'utilisation des graisses pendant l'effort. Un tel repas à base de sucres lents permet de maintenir un taux sanguin de glucose plus élevé ce qui pourrait favoriser la performance de durée. L'utilisation des graisses est maximale lorsque l'effort est réalisé à jeun. Dans le cadre d'une succession d'efforts (entraînement quotidien…), des repas à faible index glycémique favorisent les performances.
En simplifiant à l'extrême, l'équipe anglaise nous montre que pour le spécialiste d'endurance, manger des pâtes (ou plus généralement des aliments à faible index glycémique), c'est bien !
Références indicatives : Improved recovery from prolonged exercise following the consumption of low glycemic index carbohydrate meals. Stevenson E, Williams C, McComb G, Oram C. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2005;15(4):333-49.