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Le mag n° 21 : été 2006

Du chaud


Si la chaleur peut favoriser les réalisations des sprinteurs, elle rend caduque toute amélioration des performances de longue durée. Ce point ne souffre quasiment d’aucune exception. Prendre le départ d’un marathon un jour de forte chaleur et espérer battre son record revient à assumer une désillusion (rapport à la performance) et un risque important (rapport à la santé).

Dans un environnement chaud, même l’entraînement quotidien peut devenir une difficulté pour le spécialiste d’endurance. Les conseils pratiques habituellement donnés sont les suivants :
boire fréquemment (garder une bouteille d’eau « sous la main »)
s’entraîner aux moments et aux endroits les plus frais (en particulier lors des séances difficiles)
porter des vêtements aérés
manger suffisamment de glucides
s’asperger régulièrement d’eau et/ou prendre des douches fraîches et prolongées

Enfin, le coureur peut faire appel au sel...

Du sel


L'ingestion de sel retient l'eau dans l'organisme et contribue ainsi à augmenter le volume de liquides (plasma). Ce constat connu a été vérifié par des chercheurs californiens lors d'une étude menée avec des sportifs. Plus intéressant pour ces sportifs, cette adaptation de l'organisme a favorisé les performances d'endurance en conditions chaudes (21-23 °C).

Quand il fait chaud, un peu de sel avant l’épreuve contribuerait donc à un peu plus de performances !

Référence : Sodium-facilitated hypervolemia, endurance performance, and thermoregulation. Coles MG, Luetkemeier MJ. Int J Sports Med 2005;26:182-187.


  De l'eau

Pour s’hydrater l’eau est le meilleur remède. Une eau simple, plate, gazeuse parfois. Et pourquoi pas une eau parée d’autres artifices ? Certains fabricants proposent en effet des eaux miracles. Par exemple de l’eau contenant une quantité accrue d’oxygène dissoute. Cette eau serait bonne pour la santé et pour les performances sportives. Elle diminuerait la fatigue, augmenterait les performances, améliorerait la récupération…

Une étude récente conclue pourtant à l’absence d’effets de « l’eau à oxygène » sur les paramètres aérobies, lactiques et sur les performances sportives. A la lecture de ces résultats, il semble que l’équation annoncée par les fabricants : « oxygène + eau = performances » se transforme en « oxygène + eau = eau » pour les sportifs.

Référence : Does oxygenated water support aerobic performance and lactate kinetics? Leibetseder V, Strauss-Blasche G, Marktl W, Ekmekcioglu C. Int J Sports Med. 2006;27(3):232-5.

  De l'ozone

En période de forte chaleur, la déshydratation et l’augmentation de la chaleur interne sont les principaux risques encourus par le sportif. Pourtant, si pendant un entraînement nos yeux picotent, si notre gorge brûle, si notre respiration devient haletante, si notre footing est plus difficile que d’ordinaire, l’ozone est peut-être responsable.

L'ozone est un gaz présent en faibles concentrations dans l'air. Composé de trois atomes d'oxygène, il se forme à partir de l'exposition au soleil, d'oxydes d'azote et d'hydrocarbures. Des concentrations élevées d’ozone peuvent provoquer des irritations des voies respiratoires, des inflammations des bronches, une baisse des capacités respiratoires. Ces pics d’ozone interviennent généralement en fin d'après-midi (vers 17-18h), lorsque le soleil a chauffé durant la journée. Ils peuvent toucher les grandes agglomérations mais aussi les zones rurales.

L’exercice physique ne protège pas contre les effets néfastes de l’ozone bien au contraire. Lors des pics d’ozone, non seulement les performances sportives chutent mais les troubles respiratoires s'accroissent. Ainsi est-il recommandé de ne pas faire d'effort physique aux jours et/ou aux heures de pics d'ozone.

Sachant que par la singularité de leurs adaptations (ventilation…), les spécialistes d'endurance forment la population sportive la plus exposée, sous les fortes chaleurs actuelles, peut-être devrions-nous profiter de l'air frais du matin ou du vent doux du soir.

 

Références indicatives : Effects of ozone exposure at ambient air pollution episode levels on exercise performance. Adams WC. Sports Med. 1987;4(6):395-424. Assessment of physical education time and after-school outdoor time in elementary and middle school students in south Mexico City: the dilemma between physical fitness and the adverse health effects of outdoor pollutant exposure. Villarreal-Calderon A, Acuna H, Villarreal-Calderon J, Garduno M, Henriquez-Roldan CF, Calderon-Garciduenas L, Valencia-Salazar G. Arch Environ Health. 2002;57(5):450-60.