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Le mag n° 19 : hiver 2006

Nous avons bien l'âge de nos artères


Par commodité, notre âge est calculé selon des critères extérieurs au corps. Pourtant, le temps du calendrier n'est pas forcément le temps du corps. L'adage populaire "avoir l'âge de ses artères" traduit ce fait. Une étude menée sur des personnes âgées a permis de montrer combien cet adage est vrai.

Dans un premier temps, les chercheurs ont évalué l'âge biologique et les réserves physiologiques des personnes suivies. Ils ont ensuite regardé les résultats de ces personnes à différents tests (endurance, force, souplesse…) ainsi que leur espérance de vie après une intervention médicale. Dans les deux cas, l'âge biologique était un meilleur indicateur de "réussite" que l'âge chronologique. Si à 80 ans, une personne peut en paraître 60, c'est peut être que son corps n'en a que 60.

Référence : Biological age - a concept whose time has come: a preliminary study. Goffaux J , Friesinger GC , Lambert W , Shroyer LW. South Med J. 2005;98(10):985-93.

Course en altitude


Si vous avez décidé de courir pendant vos vacances d'hiver à la montagne, votre course sera plus difficile qu'en plaine. En altitude, l'air est moins dense, la quantité d'oxygène disponible pour l'organisme est réduite. Des tests réalisés en atmosphères simulées, ont montré que la consommation d'oxygène et les performances en endurance diminuent à partir de 300 m d'altitude. Pour un exercice proche du maximum aérobie, la baisse du temps d'effort approche les 15% par 1000 m d'altitude.

Pour l'entraînement d'hiver en montagne, la solution est simple : accepter de courir moins vite qu'en plaine. Et si la neige est là, l'autre solution est encore plus simple : faire du ski.

Référence : Linear decrease in VO2max and performance with increasing altitude in endurance athletes. Wehrlin JP , Hallen J . Eur J Appl Physiol. 2005; 26:1-9.


  La foulée de sécurité

Avec l'âge, les coureurs à pied tendent à modifier leur foulée. Ils favorisent une foulée plus rasante comprenant moins de temps de suspension. Des chercheurs de l'institut de biomécanique de Cologne ont très récemment montré que ces changements de la technique de course accompagnaient une diminution des capacités des muscles et des tendons.

Avec l'âge, les capacités de nos tendons et de nos muscles diminuent (force, raideur). Ces pertes sont quasiment aussi marquées chez les coureurs que chez les sédentaires. Toutefois, les coureurs réagissent en limitant les contraintes qui s'exercent sur l'organisme au moment de l'appui. Leur foulée devient moins aérienne, plus rasante. Les chocs au sol se trouvent ainsi moins prononcés. Avec ces modifications de la foulée, les coureurs plus âgés parcourent une même distance en déployant moins de force.

Certains diront qu'avec l'âge, la force que l'on perd est remplacée par la sagesse que l'on gagne. Mais cette sagesse là n'est pas consciente. Les adaptations de la foulée avec l'âge nous montrent, une fois de plus, que notre corps sait se protéger sans avoir recours à la pensée construite. Et qu'importe si cela passe par une geste moins efficace. Pour le corps, c'est d'abord la sécurité avant l'efficacité.

Référence : Mechanical and morphological properties of different muscle-tendon units in the lower extremity and running mechanics: effect of aging and physical activity. Karamanidis K , Arampatzis A . J Exp Biol. 2005;208(Pt 20):3907-23.