Il y a 2 milliards d'années, l'oxygène s'accumule massivement dans l'atmosphère entraînant une extinction massive des organismes qui peuplent la planète terre. Depuis, la vie s'est adaptée à cet "agent toxique" qu'est l'oxygène. La vie s'est adaptée à tel point qu'il se pourrait qu'aujourd'hui se soient les organismes complexes les moins aptes à utiliser l'oxygène qui soient les plus exposés à diverses maladies. Telle est – du moins - l'hypothèse soutenue par certains scientifiques.
Pour tester cette hypothèse, des chercheurs américains ont sélectionné des lignées de rats dont les capacités à courir différaient de manière importante (347%). Après prise en compte de plusieurs déterminants de la santé, il s'est avéré que les rats bons coureurs présentaient de meilleures capacités à transporter et à utiliser l'oxygène (VO2max, fonction cardiaque…). Jusque là, rien de bien nouveau ! Mais voilà que les rats mauvais coureurs présentaient, pour leur part, des facteurs de risques accrus (graisses, pression sanguine, insuline…).
Reste à savoir si, à conditions de vie égales, l'espérance de vie des rats bons coureurs est plus grande que celle des rats mauvais coureurs.
Référence : Animal models of complex diseases: an initial strategy. Britton SL, Koch LG. IUBMB Life. 2005 ;57(9):631-8.
Court ou long ?
L'entraînement fractionné peut faire appel à des intervalles courts ou longs (par exemple < ou > à 1'). Si le choix du court ou du long diffère selon l'objectif préparé et le moment de préparation, l'impact physiologique de la durée des fractions d'effort n'est pas encore bien établi. Des chercheurs de la faculté de Montpellier ont comparé les effets de répétitions de 50 m (16 x 50 m) et de 100 m
(8 x100 m) en natation. L'évaluation était réalisée au regard d'un paramètre jugé important : le temps de maintien de la consommation d'oxygène à des niveaux proches du maximum (> à 95% de VO2max et > à 95% de FC).
Résultats
Lors des fractions courtes, les sportifs restaient en moyenne 1'08" au dessus de 95% de VO2max. Pour les fractions longues, ce temps était doublé (2'25"). Ainsi, pour une séance de même distance (800 m), les sportifs utilisant des fractions longues restent deux fois plus longtemps à des niveaux d'effort dont on peut penser qu'ils favorisent davantage la progression des capacités aérobies. Faut-il en conclure que le fractionné long est préférable au court ? Prudence ! Dans l'étude rapportée, la variabilité des adaptations était si grande que l'écart entre les deux moyennes n'était pas statistiquement significatif. Autrement dit, les réponses individuelles prenaient le pas sur la moyenne de groupe.
Sur la base de tels résultats, peut être qu'avec le temps, nous apprendrons à comprendre non plus seulement l'effet de l'environnement (les séances) sur tous les corps (le groupe athlète) mais sur des profils sportifs (types d'athlètes). Quant au travail de l'athlète, il consiste à apprendre les effets des entraînements sur un corps : le sien.
Référence : VO2 responses to intermittent swimming sets at velocity associated with VO2max. Libicz S, Roels B, Millet GP. Can J Appl Physiol. 2005 ;30(5):543-53.
Vite ou lent ?
Est-ce que courir un 8000 m à vitesse élevée demande plus d'énergie que réaliser la même distance lentement ? Intuitivement, nous sommes sûrement nombreux à répondre par l'affirmative. La réponse donnée par des scientifiques allemands montre qu'entre le rapide et le lent (respectivement 95% et 70% du seuil anaérobie), la différence d'énergie utilisée n'excède pas quelques pourcents (environ 3% de plus pour la course rapide).
La dépense énergétique en course à pied dépend davantage de la distance pourcourue que de la durée d'effort. Voilà un résultat qui conforte certainement les coureurs qui réalisent le suivi de leur entraînement sur la base du kilométrage (x km par semaine) plutôt que du temps d'activité (x heures par semaine).
Référence : Running 8000 m fast or slow: Are there differences in energy cost and fat metabolism? Rosenberger F, Meyer T, Kindermann W. Med Sci Sports Exerc. 2005;37(10):1789-93.
Aux plaisirs du sucre
En périodes difficiles (blessures, tensions…) nombreux sont les athlètes (et les sédentaires) à se ruer sur le sucre. Par ses propriétés, le sucre est souvent une source de plaisir immédiat. Cet "effet plaisir" du sucre semble se retrouver pendant l'effort. Avec le temps d'effort (2 heures), le plaisir ressenti par des cyclistes qui pédalent à 70% de leur maximum aérobie décroît. Ce niveau de plaisir augmente dans un premier temps puis se stabilise lorsque les mêmes sportifs consomment régulièrement une boisson sucrée pendant l'effort.
De l'effort au repos, du biologique au psychologique, le sucre donne du plaisir. Mais prenons garde aux effets néfastes d'une consommation exagérée et continue de sucre. Pour nos organismes, le plaisir n'est pas toujours gratuit !
Référence : Effect of carbohydrate and prolonged exercise on affect and perceived exertion. Backhouse SH, Bishop NC, Biddle SJ, Williams C. Med Sci Sports Exerc. 2005;37(10):1768-73.