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Le mag n° 17 : août 2005

Les rythmes de notre corps


A quelle heure notre corps est-il plus disposé à réaliser un effort ? Pour tenter de répondre à cette question, des sportifs ont réalisé un exercice anaérobie (filière sans oxygène) à six moments différents de la journée : 2h00, 6h00, 10h00, 14h00, 18h00 et 22h00.

Les résultats confirment les données connues : c'est à 18h00 que les performances sont les plus grandes. Les moindres résultats sont obtenus à 6h00 du matin. Est-ce à dire qu'une course matinale sera nécessairement un échec ? Notre corps est capable de s'adapter. Si nous sortons régulièrement en matinée, il deviendra progressivement plus disponible à ce moment de la journée.

Référence : Circadian rhythms in two types of anaerobic cycle leg exercise : force-velocity and 30s-wingate tests. Souissi N, Gauthier A, Sesboüé B, Larue J, Davenne D. Int J Sports Med 2004; 25:14-19.

Les sportifs d'endurance meurent 2 fois moins !


Le taux de mortalité de sportifs ayant participé à la célèbre épreuve suédoise de ski de fond la Vasaloppet (épreuve de 90 km pour les hommes et 30 km pour les femmes) a été comparé au registre national des décès - pendant 10 ans (de 1989 à 1998) afin de connaître les taux de décès.

Sur les 49000 hommes et 24000 femmes suivis durant ces 10 années, 410 sportifs sont décédés alors que le taux attendu pour un échantillon moyen de la population était de 850. La mortalité était donc deux fois moindre que celle attendue. La moindre mortalité se retrouvait pour tous les groupes (hommes, femmes, performances…). Toutes les pathologies habituelles (cancers, défaillances cardiaques, blessures….) étaient moins représentées chez les sportifs que dans la moyenne de la population.

Ainsi, les participants à des épreuves d'endurance qui demandent un entraînement physique régulier meurent moins, développent moins de maladies mortelles… que la moyenne de la population. Autre manière de dire que l'exercice physique régulier conserve.

Référence : Mortality amongst participants in Vasaloppet: a classical long-distance ski race in Sweden. Farahmand BY, Ahlbom A, Ekblom O, Ekblom B, Hallmarker U, Aronson D, Brobert GP. J Intern Med. 2003 ;253(3):276-83.

  Le tabac ou l'endurance !

Si le tabac est l'ennemi de notre santé, il est également l'ennemi de notre efficacité dans divers exercices physiques. A une batterie de petits tests simples (abdominaux, pompes, suspension à la barre fixe…) un groupe de 120 fumeurs, sportifs amateurs, présente des résultats moindres qu'un groupe de 126 non-fumeurs. L'endurance musculaire des fumeurs est diminuée. Par exemple, le nombre d'abdominaux réalisé en un temps donné est diminué de prêt d'un quart chez les fumeurs. Cette perte de capacités physiques est d'autant plus importante que la dépendance à la nicotine est grande.

Référence : Influence du tabagisme et du niveau de dépendance nicotinique sur l'endurance musculaire chez des sujets entraînés. Packa-Tchissambou, Massamba A, Kissambou-Mouanou J, Senga P, Gbeassor M. Science et Sports 2005; 20: 144-146.

  Des ultrasons pour rien ?

Le traitement par ultrasons est une thérapeutique parmi les plus utilisées pour soigner diverses blessures (lésions musculaires…). En dépit de l'ampleur de son utilisation, les évidences relatives à l'efficacité de ces soins restent maigres. Une équipe américaine a testé les effets de cette technique sur divers indicateurs de récupération (marqueurs biologiques de la régénération cellulaire) en comparant un muscle lésé traité par ultrason et le même muscle (sur l'autre jambe) laissé sans aucun traitement.

Dans les 40 jours qui ont suivi la blessure, la masse musculaire, la concentration en protéines, le "degré de reconstitution"… ne différaient pas d'un muscle à l'autre. En d'autres termes, le muscle traité par ultrason ne montrait aucun signe de meilleure régénération que le muscle non traité. Est-ce à dire que les ultrasons ne servent à rien ? Les conclusions doivent rester mesurées tant les conditions de l'étude (marqueurs utilisés, muscles d'animaux…) sont spécifiques. Toutefois, ces résultats interrogent et incitent à la mise en œuvre de procédures de validation.

Référence : Influence of therapeutic ultrasond on skeletal muscle regeneration following blunt contusion. Wilkin LD, Merrick MA, Kirby TE, Devor ST. Int J Spots Med 2004; 25:73-77.