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Le mag n° 15 : janvier 2005

Nos ancêtres n'avaient pas de poids à perdre !


L'obésité a été classée comme une pandémie majeure (maladie généralisée) du 21ème siècle par l'organisation mondiale de la santé. Des chercheurs ont tenté de comprendre ce qui – au-delà de la seule nutrition – pouvait favoriser la prise de poids. Ils ont constitué des groupes de personnes dont certaines reproduisaient les conditions de vie des colonisateurs australiens il y a 150 ans, alors que d'autres continuaient de vivre leur vie sédentaire d'employés de bureau.

La comparaison des deux groupes a montré que nos ancêtres dépensaient plus d'énergie (500 à 1000 calories supplémentaires par jour). Ils devaient, en effet, assurer eux-mêmes un certain nombre de fonctions quotidiennes (manger, se chauffer) qui nous sont "servies" aujourd'hui. Cette dépense supplémentaire équivaut à une marche de l'ordre de 10-15 km/jour. Il nous faudrait marcher 15 km de plus par jour pour que notre dépense énergétique approche celle de nos ancêtres !

Pour prévenir l'obésité, l'autre solution serait de manger moins. Sur ce point, les chercheurs ont observé que, sur des groupes ayant entrepris un régime, seuls les personnes qui effectuaient régulièrement de l'exercice physique réussissaient à perdre du poids. Le régime seul n'assurait pas une perte de poids sur le long terme.
En conséquence, l'exercice serait incontournable pour espérer perdre durablement du poids, prévenir l'obésité et les risques associés (cardiaques, locomoteurs…).

Référence : Estimating changes in daily physical activity levels over time: implication for health interventions from a novel approach. Vogels N, Egger G, Plasqui G, Westerterp KR. Int J Sports Med. 2004; 25(8):607-10.


En 1740 déjà, ils couraient vite !


Nous pouvons, parfois, avoir tendance à croire que les épreuves de course à pied et les performances associées sont un phénomène propre au 20ème siècle. Et pourtant, durant le 18ème siècle, 536 courses ont été recensées en Angleterre. En 1740, à l'occasion de l'une de ces courses, un participant nommé Thomas Carlisle réalisa 21 miles (environ 34 km) en 2 h. Si les performances se sont améliorées au cours des siècles, elles n'ont pas attendu notre ère pour exister.

Référence : British running performances in the eighteenth century. Radford PF, Ward-Smith AJ. J Sports Sci. 2003;21(5):429-38.


  Et il saute !

Bettongia penicillata : ce doux nom est celui d'un "rat-kangourou" dont le mode de déplacement par sauts a été étudié par des chercheurs australiens. Pour l'étude, le petit animal se déplaçait sur un tapis roulant depuis les vitesses lentes (2 km/h) jusqu'aux vitesses élevées (22 km/h). Et pour accélérer, il faisait simplement des sauts de plus en plus longs (la fréquence des sauts restait identique aux différentes vitesses). Mais là n'est pas le plus surprenant.

L'analyse du coût énergétique de son déplacement comparé à celui d'un animal quadrupède utilisant la course a montré que le rat-kangourou dépensait deux fois moins d'énergie ! En d'autres termes, il pouvait aller plus vite et moins se fatiguer que "l'animal coureur". Nous entrevoyons une explication possible à ce constat dans le site . >> voir secteur biomecanique

Référence : Locomotion energetics and gait characteristics of a rat-kangaroo, Bettongia penicillata, have some kangaroo-like features. Webster KN, Dawson TJ. J Comp Physiol [B]. 2003;173(7):549-57.