Les paradoxes de l'entraînement (1) : Efficace donc risqué ?
Lorsque nous courons, nos tendons récupèrent une partie de l'énergie liée à notre déplacement. Pareils à l'élastique étendu, ils sont capables de nous restituer cette énergie à la foulée suivante. Selon notre style de course nous sommes plus ou moins aptes à utiliser cette "énergie gratuite".
Dans le secteur biomécanique du site nous donnons les principes assurant l'efficacité de la foulée. Entre autres, l'observation a montré combien les coureurs les plus rapides au sol (ceux qui restent le moins longtemps en contact avec le sol au moment de l'appui) sont aussi les plus efficaces.
En conséquence, nombreux sont les coureurs et les entraîneurs à tenter de mettre en œuvre les principes techniques permettant – à terme – d'être plus efficace.
Si cet apprentissage est tout à fait légitime, il doit être réalisé avec prudence.
En effet, il est apparu que les coureurs les plus efficaces sont aussi les plus exposés aux risques de blessures des tendons des membres inférieurs (tendinites, ruptures..). L'efficacité n'est pas toujours synonyme de meilleure santé. Toute la beauté et la complexité de l'entraînement repose sur cette gestion toujours renouvelée de telles contradictions.
Référence : Impact and overuse injuries in runners. Hreljac A. Med Sci Sports Exerc. 2004 ; 36(5):845-9.
Les paradoxes de l'entraînement (2)
Les bienfaits liés à une activité physique régulière sont bien connus et documentés. Avec une bonne diététique et la gestion des stress, l'activité physique est un pilier incontournable de la santé et du bien être. Une étude de grande ampleur (175 850 personnes) a permis d'approfondir nos connaissances relatives aux relations existant entre pratique physique (fréquence, durée, intensité) et bien être ressenti par les personnes.
Les résultats montrent que – comme il était attendu - les sportifs réguliers se sentent mieux que les personnes inactives ou peu actives. En revanche, ils établissent également qu'une pratique même régulière mais de faible durée (inférieure à 20') n'améliore pas le bien être ressenti. Plus encore, une pratique importante (> 1h30' par séance et 5-6 fois par semaine) tendà réduire le bien-être ressenti.
Référence : Associations between physical activity dose and health-related quality of life. Brown DW, Brown DR, Heath GW, Balluz L, Giles WH, Ford ES, Mokdad AH. Med Sci Sports Exerc. 2004 ; 36(5):890-6.
Besoin d'un entraîneur ?
Une équipe australienne a cherché à savoir si la présence d'un entraîneur aux côtés du sportif était indispensable où si le programme d'entraînement seul suffisait. Deux groupes de jeunes rugbymans ont réalisé le même entraînement pendant 12 semaines. Toutefois, un groupe devait se débrouiller avec le programme d'entraînement (groupe libre) alors que l'autre était supervisé par un entraîneur (groupe entraîneur).
Avant, pendant et après la période d'entraînement des tests de vitesse, de puissance et de force musculaire ont été réalisé par tous les sportifs.
Résultats
Avec ou sans entraîneur, tous les sportifs ont progressé après les 12 semaines d'entraînement. Les sportifs suivis par un entraîneur ont progressé davantage que les autres dans la plupart des tests.
La plus forte progression du "groupe – entraîneur" est à mettre en relation avec un meilleur respect du travail à accomplir. Le "groupe libre" a eu tendance à "moins en faire" à l'entraînement que le groupe suivi par un entraîneur.
Référence : Effect of direct supervision of a strength coach on measures of muscular strength and power in young rugby league players. Coutts AJ, Murphy AJ, Dascombe BJ. J Strength Cond Res. 2004 ; 18(2):316-23.