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Le mag n° 11 : janvier 2004


  Il fait froid ; protégeons-nous !

L'exercice physique tend à affaiblir momentanément le potentiel immunitaire de l'organisme. Ce constat a – une nouvelle fois été établi par une équipe de Taipei (Tawain). Les scientifiques ont constaté qu'à la suite de sessions d'entraînement moyennement ou assez intenses (60 et 85% de VO2max), certaines cellules immunitaires (leucocytes) mettaient en œuvre de manière accrue leur mécanisme de "mort programmée" (apoptose). Cet accroissement de la "mort cellulaire" ne s'observait pas lorsque l'exercice était très facile (35% de VO2max). Cette observation faite à la suite d'un exercice isolé n'est plus vérifiée lorsqu'elle est appliquée à un sportif s'entraînant de manière régulière et modérée (voir courbe ci-dessous). En effet, l'organisme s'adapte et renforce ses fonctions immunes suite à l'entraînement modéré.

 

Représentation schématique du risque d'infection en fonction de l'intensité de l'entraînement

 

Représentation schématique du risque d'infection en fonction de l'intensité de l'entraînement. En revanche, pour l'athlète qui s'astreint à des entraînements plus intenses, certaines situations sont particulièrement "à risque" :
heures et jours (2-3 j) qui suivent un entraînement intense ou une compétition
phases d'augmentation de l'intensité de l'entraînement
périodes de récupération après une phase d'entraînement intense
périodes de fatigue et/ou de très grande forme sportive (athlète affûté)
Ces périodes "à risque" sont d'autant plus propices aux infections que les conditions environnementales sont mauvaises. Alors couvrons-nous après nos séances !

Exercice et diététique

Lorsqu'il s'agit de faire la part de ce que nous consommons et utilisons comme énergie (consultation diététique…), nous avons tendance à raisonner en termes d'entrées (l'alimentation) et de sorties (consommations énergétiques de repos + activités physiques). Les études actuelles montrent qu'au-delà de son seul intérêt quant à l'augmentation des dépenses (accroissement des sorties) l'exercice physique semble agir avant tout sur la régulation des entrées ! Ainsi, il semblerait que l'exercice physique régulier induise :
une régulation des prises alimentaires. Avec l'entraînement, les prises alimentaires seraient moins dispersées, plus équilibrées. Les effets "calmant" des efforts de durée sont évoqués.
une augmentation de la dépense énergétique liée à la digestion des aliments. Pour un même repas ingéré, les sportifs consommeraient plus d'énergie que les sédentaires. De même, dans les heures qui suivent un effort, le coût énergétique lié à la digestion serait accru de manière très marquée.

Nous l'avions déjà évoqué dans le mag n°10 mais il semble se confirmer que l'exercice physique permet de réguler son poids non pas grâce à l'exercice lui-même mais par l'intermédiaire des changements qu'il engendre lorsque la personne ne pratique pas (le reste de la journée).

Référence indicative : The effect of resistance exercise on the thermic effect of food. Denzer CM, Young JC. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2003;13(3):396-402.


  Fréquence cardiaque de repos

De nombreux sportifs d'endurance relèvent régulièrement leur fréquence cardiaque de repos. Le plus souvent leur analyse est la suivante : "si ma FC de repos diminue c'est que j'ai progressé. En revanche, si ma FC de repos augmente c'est que j'ai régressé ou que je suis fatigué". Si ces conclusions peuvent être vraies ; une FC de repos basse (voir très basse) peut être un indicateur non pas de progression mais de fatigue importante.
En effet, selon le contexte (personnes, degré d'épuisement, sport pratiqué…) la fatigue peut avoir pour effet d'accélérer (excitation) ou de freiner (inhibition) les rythmes de l'organisme. Dans les sports d'endurance la seconde fatigue est la plus fréquente. C'est aussi celle qui demande le plus de temps pour récupérer. Ainsi si vous relevez une baisse marquée de votre FC de repos, mettez en relation cet indicateur avec d'autres indices comme l'envie de vous entraîner, la quantité de sommeil, la concentration, l'irritation… Par cette relation étroite entre comportement, entraînement et FC vous serez en mesure d'évaluer votre fatigue et donc d'adapter votre entraînement en conséquence (récupération).

Référence : concernant les problèmes de fatigue, de récupération ; dans le cadre du colloque "la récupération une alternative au dopage', l'université de Saint-Etienne (2003) a publié un ouvrage de synthèse intitulé "Lutter contre le dopage en gérant la récupération physique". Sous la direction de JC Chatard.

  La question du mag !

Prenez une personne qui n'est ni cycliste ni coureur à pied. Faites lui réaliser un test maximal aérobie sur vélo puis en course à pied. Vous constaterez que cette personne obtient une consommation maximale d'oxygène (VO2max) de 10 à 15% plus élevée en course à pied qu'en vélo. En revanche les indices de sollicitation de la filière anaérobie (sans oxygène) auront tendance à être plus élevés en vélo.
Savez-vous pourquoi ?

Réponse

La course à pied sollicite une quantité de musles plus grande que le cyclisme. En conséquence la capacité d'exercice est davantage limitée par les systèmes de transport (respiration, circulation = limite centrale). En revanche, sur le vélo, certains muscles (quadriceps...) sont très sollicités et pourraient localement limiter l'effort par un phénomène "d'engorgement" (limite périphérique).