Quelle est la bonne vitesse de
course pour "perdre des graisses" ?
Comment courir pour perdre du poids, pour diminuer le taux de "mauvaises graisses"… et donc abaisser le risque d'accidents cardio-vasculaires ?
Le première réponse apportée à cette question a été de dire que pour consommer les graisses, il fallait courir doucement et longtemps. Cette approche était basée sur deux constats qui semblent imparables : 1en courant longtemps on peut - au final - consommer plus de calories pendant l'effort 2l'utilisation des graisses est maximale pour les allures faibles. Dès que la vitesse augmente l'utilisation des sucres devient prépondérante.
Et pourtant dans les derniers mois des constats bien différents ont été réalisés. 1Il a été montré que des intensités intermédiaires de course (type footing rapide) sont nécessaires pour permettre une transformation significative des mauvaises graisses en bonnes graisses (ex: cholestérol de basse densité LDL en cholestérol de haute densité HDL). 2Il a également été observé que contrairement à toutes les idées reçues un entraînement plus intense permettait sur le long terme une perte de masse grasse plus importante qu'un entraînement long et lent. Ceci semblait lié au fait que cet entraînement permettait de développer des groupes musculaires susceptibles de consommer des graisses non pas pendant l'exercice mais pendant le reste de la journée !
Ainsi vont les connaissances qui avancent et se remettent en cause. Mais derrière l'ensemble des "transformations" du savoir un fait semble émerger : lorsque nous prétendons expliquer nos choix d'entraînement par une ou quelques relations simples seulement (par exemple "je cours seulement en footing lent parce que ça fait perdre du poids") nous réduisons irrémédiablement la diversité du réel et nous perdons alors une bonne partie des effets indirects que cette diversité peut engendrer.
Références indicatives :
Effects of submaximal Exercise on Hight-Density Lipoprotein-Cholesterol Subfractions. D.H. Park, J.W. Ransone. Int J Sports Med 2003 ; 24 : 245-251.
Effects of non-specific vs individualized exercise training protocols on aerobic, anaerobic and strength performance in severely obese subjects during a short-term body mass reduction program. Lafortuna CL, Resnik M, Galvani C, Sartorio A. Endocrinol Invest. 2003;26 (3) : 197-205.
Le paradoxe de l'hématocrite
La performance en sports d'endurance est directement liée à la capacité de transport de l'oxygène par le sang. Or, cette capacité est – elle aussi – en relation avec le taux et le nombre d'éléments sanguins participant à ce transport (hémoglobine – le pigment transporteur -, nombre de globules rouges…).
En conséquence, on peut s'attendre à ce que l'augmentation du taux et du nombre d'éléments sanguins actifs dans le transport d'oxygène se traduise de facto par une élévation des paramètres physiologiques (VO2max) et des performances en endurance.
Pourtant, tel n'est pas toujours le cas….
Il s'avère parfois que l'élévation des performances s'accompagne d'une baisse de l'hématocrite* (c'est à dire une baisse de la proportion d'éléments actifs participant). Mieux encore, l'élévation de l'hématocrite est parfois reliée avec des paramètres négatifs de l'état de forme (surentraînement…).
Un élément permet d'expliquer en partie ces observations : la viscosité du sang. Un sang chargé en "éléments de transport" (hématocrite élevée) est aussi un sang visqueux donc moins facilement mobile. La vitesse de circulation mais surtout l'accès aux fibres musculaires (perfusion) pourraient être diminués.
Voilà pourquoi les "sportifs-tricheurs" se débrouillent pour stimuler la production d'éléments actifs (ex : par EPO), apporter les minéraux nécessaires à cette production (ex : fer) et maintenir la fluidité du sang (ex : aspirine et autres...).
hématocrite : Rapport du volume compris dans les globules rouges sur le volume sanguin total. L'hématocrite est un paramètre permettant d'objectiver la part des "éléments actifs" dans le transport d'oxygène. Plus le taux d'hématocrite est haut plus cette part active est grande.
Référence indicative : Hemorheological correlates of fitness and unfitness in athletes: moving beyond the apparent "paradox of hematocrit"? Gaudard A, Varlet-Marie E, Bressolle F, Mercier J, Brun JF. Clin Hemorheol Microcirc. 2003 ; 28(3):161-73.
Froid...
Pourquoi de nombreux sportifs de haut-niveau prennent-ils un bain froid (voir même très froid) après leurs séances d'entraînements ? Comment expliquer que des outils comme le gant réfrigéré fassent leur apparition sur les terrains de sport ? Que penser de scientifiques qui demandent aux athlètes de se recouvrir la face d'une compresse froide pendant les phases de récupération de leurs séances de fractionné ?
Difficile de répondre de manière unanime : certains attendent une baisse des processus inflammatoires, d'autres un meilleur contrôle de la régulation thermique, d'autres encore le ralentissement de la circulation sanguine (baisse des FC…) voir même une meilleure adaptation à l'exercice suivant.
Quoi qu'il en soit, un constat s'impose : le froid est à la mode.