La baisse des réserves en fer est une carence fréquente chez le coureur à pied. Pour faire face à ce risque, les conseils alimentaires habituels préconisent une alimentation laissant une part aux viandes rouges et aux abats. Une autre stratégie consiste à absorber conjointement un aliment riche en fer et une source de vitamine C (jus de fruit, pamplemousse ). La vitamine C favorise en effet l'absorption du fer par l'organisme.
Une astuce plus inattendue consiste à boire un bon Médoc. Terroir riche en fer, milieu acide, faible proportion de tanins ; les vins du Médoc renferment des caractéristiques "idéales" pour l'apport et l'absorption rapide du fer.
Ceci ne doit pas pour autant nous inciter à abuser du Médoc. Ces avantages ne sauraient faire oublier les "inconvénients" de l'alcool.
Entraînement : L'entraînement de vitesse améliore l'endurance !
Telle est la conclusion paradoxale à laquelle sont arrivées deux équipes de chercheurs. L'équipe australienne a demandé à 9 sujets de réaliser un programme d'entraînement à la vitesse d'une durée de 6 semaines à raison de 3 séances hebdomadaires. Chaque séance comportait de 20 à 40 sprints d'une durée inférieure à 10" (30 à 80m). L'équipe anglaise a testé les effets d'un entraînement basé sur des sprints de 30". Le programme commençait avec 4 sprints séparés par une récupération de 4' et finissait (semaine 7) par 10 sprints entrecoupés de 2'30" de récupération.
Dans les deux cas, de nombreux indicateurs de la performance anaérobie (enzymes anaérobies, pourcentage de fibres rapides ) et aérobie (enzymes aérobies, VO2max) ont été relevés.
Le premier résultat n'est pas surprenant. Les performances en vitesse et les indicateurs anaérobies ont globalement été améliorés par l'entraînement. Le second résultat est plus inattendu. Les performances et les indices aérobies ont progressé. En d'autres termes, l'entraînement de vitesse à fait progresser l'endurance des sujets ayant participé aux deux études.
Est à dire que l'athlète entraîné en endurance a intérêt à inclure des exercices de vitesse pour faire progresser sa filière aérobie ? Il est très probable que non. Dans les deux expérimentations les sujets étaient en bonne santé mais non-entraînés. En conséquence aucune conclusion ne peut être tirée pour les athlètes entraînés. Ceci d'autant plus qu'un certain nombre d'adaptations physiologiques liées à l'entraînement anaérobie ne peuvent - à terme - que réduire l'endurance musculaire locale (baisse de l'irrigation ).
Ces expériences montrent simplement que lorsqu'on commence une activité physique tous les entraînements font progresser. Par la suite, l'équation n'est plus aussi "simple".
Références : Muscle performance and enzymatic adaptations to sprint interval training. MacDougall JD, Hicks AL, MacDonald JR, McKelvie RS, Green HJ, Smith KM. J Appl Physiol 1998; 84 (6) :2138-42.
Changes in performance, muscle metabolites, Enzymes and fibre types after short sprint training. Dawson B, Fitzsimons M, Green S, Goodman C, Carey M, Cole K. Eur J Appl Physiol Occup Physiol 1998 ; 78 (2):163-9.
Entraînement : Vers une nouvelle utilisation de la FC ?
Traditionnellement, la fréquence cardiaque (FC) est utilisée en fonction du niveau relatif (% du maximum) ou absolu atteint pendant l'effort. Par exemple, une séance est réalisée dans une zone cible comprise entre 160 et 170 pulsations par minute.
Dans le cadre du suivi de l'entraînement la mise en rapport de la FC avec la vitesse tenue permet de se faire une idée de la progression de l'athlète. Si la FC diminue pour une même vitesse, il est probable que l'athlète se soit amélioré.
Une autre méthode - utilisée depuis plusieurs années dans le secteur médical - se réfère non plus au niveau atteint par la FC mais à sa variabilité.
Au cours de l'exercice, la FC n'est jamais complètement régulière. Elle oscille autour d'une valeur moyenne. Ce constat s'impose de lui-même lorsque l'athlète réalise un exercice intermittent (fractionné). Il est également vérifié dans la course réalisée à allure constante.
Or que constate-t-on lorsqu'on analyse la variabilité de la FC !
1cette variabilité diminue avec l'intensité de l'exercice. En d'autres termes, la seule variation des FC permet de déterminer l'intensité relative de l'exercice. 2cette variabilité pourrait être changée par la qualité de l'adaptation à l'exercice réalisé. Un exercice (une séance) parfaitement connu et maîtrisé pourrait engendrer de moindres variations cardiaques. En contre partie, une moindre variété pourrait signifier une plus grande difficulté à s'adapter à un autre type d'exercice (principes de spécificité et de diversité de l'entraînement). 3cette variabilité pourrait être un indicateur de l'état de forme générale du sportif. Dans tous les cas elle est une fenêtre ouverte sur le fonctionnement de ses systèmes fonctionnels (respiration, régulation nerveuse autonome ).
En théorie, ces constats pourraient amener à faire évoluer l'utilisation de la FC dans le cadre de l'entraînement. En pratique, les mesures de variabilité actuelles demandent un appareillage (électrodes reliées à un cardiofréquencemètre) et des analyses théoriques qui rendent caduques son utilisation par tous.
Comme souvent, les avancées techniques sont les principaux déclencheurs de l'évolution des usages.
Références :
- Power spectrum analysis of heart rate fluctuations : a quantitative probe of beat to beat cardiovascular control. Akselrod S, Gordon D, Ubel FA, Snidman NC, Shannon DC, Barger AC et al. Science 1981 ; 213 : 220-2.
Etude comparative de l'analyse spectrale de la fréquence cardiaque au cours de l'exercice sur ergocycle et de l'entraînement en judo. Cottin F, Pepelier Y, Durbin F, Maupu P, Escourrou P. Science et Sports 2001 ; 16 : 295-305.
Entraînement : Vers une nouvelle utilisation de la FC ?
Pour vivre comme pour courir, notre organisme a recourt à deux voies de transformation d'énergie. La voie aérobie utilise l'oxygène de l'air ; la voie anaérobie "se débrouille" sans oxygène. L'importance respective de ces deux filières dépend de l'intensité de l'exercice. Plus l'effort est intense, plus la contribution de la voie anaérobie est grande.
Jusqu'à présent les contributions relatives des deux filières étaient évaluées comme suit :
200m
400m
800
1500
3000
5000
10 000
Semi
Marathon
..aérobie
5%
10
40
50
85
90
95
97
98
..anaérobie
95%
90
60
50
15
10
5
3
2
Répartition moyenne de la couverture énergétique en fonction de la distance de course
Deux scientifiques ont cherché à vérifier ces données en estimant la dépense énergétique de coureurs spécialistes de 200, 400, 800 et 1500m. Les données trouvées sont rapportées dans le tableau ci-dessous :
200
400
800
1500
..aérobie
29
43
66
84
..anaérobie
71
57
34
16
Ces résultats donnent une importance toute nouvelle à la filière "avec oxygène". Même les sprinters utiliseraient une bonne part d'énergie aérobie pour accomplir leurs performances (presque 1/3 de l'apport total pour le 200m).
Selon les auteurs, lors d'un effort maximum, la voie aérobie deviendrait prépondérante (apport énergétique supérieur à 50%) après 30" d'exercice. On est loin du traditionnel délai de 2 minutes avant la mise en uvre de cette filière.
Référence : Energy system contribution during 200-m to 1500-m running in highly trained athletes. Spence MR, Gastin PB. Med Sci Sports Exerc 2001 ; 33 : 157-162.