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Le mag n° 3 : février 2002

  Moins le coureur a d'énergie, plus il lui en faut pour avancer !

Quand arrive la dernière partie de la course, les spécialistes du marathon se retrouvent devant deux problèmes qui se renforcent réciproquement.
1leur énergie est partiellement épuisée
2leur course demande plus d'énergie (hausse de 5% dans la dernière partie de la course).

Ce second handicap a trois causes principales :
al'organisme consomme principalement les graisses. Or l'utilisation des graisses demande plus d'énergie que celle des sucres.
bles fibres musculaires lentes peuvent être épuisées et suppléées par les fibres rapides. Or, ces dernières sont moins économiques.
cla foulée a tendance à se dégrader (mouvements parasites...).

Décidément, pour le coureur en recherche de performance, la nature est mal faite. Elle "pompe" l'énergie du coureur au moment où il en a le plus besoin. Pour le biologiste la nature ne fait que s'équilibrer. Dès qu'elle met en oeuvre un comportement, elle active, dans le même temps, ce qui va le limiter voir l'arrêter. Ainsi elle peut durer.

Référence : The energy cost of running increases with the distance covered. Brueckner JC, Atchou G, Capelli C, Duvallet A, Barrault D, Jousselin E, Rieu M, Di Prampero PE. Eur J Appl Physiol 62, 385-389, 1991.

  Ne grimaçons pas pendant l'effort, nous risquons de nous épuiser !

La douleur associée à un effort intense provoque souvent une contraction exagérée de tous les muscles. Au niveau du visage, ces contractions peuvent s'exprimer par des traits tendus voir partiellement déformés et des mimiques d'effort. Pour l'entraîneur et le spectateur, ces transformations expriment la difficulté de l'effort. Pourtant, il se pourrait qu'elles puissent être à l'origine de la fatigue ressentie par l'athlète….

Selon la théorie du médecin français Israll Waynbaum, les muscles du visage agissent comme des ligatures sur les vaisseaux sanguins de la face et régulent ainsi le flux sanguin cérébral ce qui en retour influence les sensations subjectives. Ainsi, la contraction des muscles du visage pourrait altérer le flux cérébral et augmenter l'effort perçu par l'athlète. Dans cette optique, la difficulté ressentie peut ne pas être seulement une cause mais une conséquence de l'expression faciale. Plus simplement, lorsque nous "faisons la tête", nous trouvons l'effort plus dur.

Devinette : L'athlète "fait la tête" parce qu'il est fatigué ou l'athlète est fatigué parce qu'il "fait la tête" ?

Référence : Zajonc RB. Science, USA, 1985.

  Chantons... et oublions la fatigue

Des méditations orientales aux psychologies occidentales, les techniques de gestion de la douleur utilisent un même procédé pour dépasser le mal être. Ce procédé, c'est la concentration ou plus exactement l'attention portée sur une image, une valeur ou un objet indépendant de la douleur.
Lorsque nous centrons notre esprit sur un objet extérieur, la douleur que nous ressentons est bien moindre que lorsque nous nous focalisons sur elle. En sport, la conséquence est que la performance est meilleure.

Alors, lorsque nous sommes fatigués regardons le paysage, écoutons le vent souffler, entonnons une chanson parmi nos préférées. Bref, remplaçons l'exclusivité de la sensation douloureuse par l'unicité d'un sentiment joyeux.
Pas facile me direz-vous. Peut être, mais le jeu en vaut la chandelle ; et pas seulement en course à pied....

Références : Pennebaker et Lightner, 1980 ; Boutcher et Trenske 1990 ; Institut Collégial Européen. Les sagesses du monde. Editions Universitaires 1991.


  Physiologie

Une poignée de sable....

Prenez une poignée de sable. Vous avez dans la main le volume total occupé, dans notre organisme, par le seul substrat énergétique directement utilisable par les muscles.
Prenez un bulldozer et recouvrez une centaine de terrains de football d'une couche de 10m de sable. Si vous appliquez la formule : 1 grain de sable = 1 molécule d'ATP, vous avez devant vos yeux un aperçu du nombre total de molécules d'ATP régénérées par notre organisme au cours de quelques foulées.

Et pour régénérer cet ATP, il faut que notre organisme puisse profiter d'un bol d'air...

Un bol d'air....

L'oxygène de l'air est apporté au sang par l'intermédiaire des poumons. En moyenne, les poumons peuvent "absorber" la quantité d'air contenue dans un ballon de basket Ball. A présent, courrons très vite jusqu'au supermarché pour aller chercher de l'eau. Au moment de prendre nos bouteilles regardons la quantité de liquide présente sur un étage de palette. Nous avons devant nos yeux l'équivalent en eau de la quantité d'air déplacée par nos poumons à chaque minute d'exercice (de 120 à 200 l d'air / minute).

Un peu de place...

Pour amener le maximum d'air au contact du sang, les poumons forment de nombreux replis internes. Si l'on dépliait cette structure, elle pourrait recouvrir une belle petite maison de campagne (70-80 m2).

  En pratique...

 

Recette d'une boisson d'effort

Prendre une bouteille d'1 litre
La remplir à moitié d'eau
Presser une orange ou deux citrons. Verser le jus dans la bouteille
Mettre une pincée de sel (1-2g) dans le liquide
Ajouter 3-4 cuillérées à café de sucre en poudre (il est possible de délayer le sucre séparément dans un bol avec un peu d'eau en remuant avec une cuillère puis de verser le tout dans la bouteille. Cette opération facilitera la dilution complète du sucre dans l'eau)
Ajouter de l'eau pour compléter la bouteille
Refermer, remuer énergiquement. Placer le tout au frigo (pas trop froid).

Nous disposons d'un litre d'une boisson de l'effort prêt à l'emploi.

Conseil : Essayer à l'entraînement avant d'utiliser en compétition.

Article tiré du secteur diététique : dietetique