dopage - des bricoles
   

8 Des bricoles pour progresser

Cette page rassemble quelques moyens et produits utilisés à des fins d'amélioration de la performance. Tous ne sont pas interdits, mais tous posent la question de la limite entre méthodes d'entraînement et pratique du dopage. Nous les livrons sous forme de catalogue.

8.1 La créatine

Extrêmement populaire dans les milieux sportifs, la créatine est une substance qui intervient dans les réactions énergétiques de la cellule (physiologie/l'énergie). Synthétisée par le foie et les reins, elle est présente dans les aliments à base de protéines animales (viandes et poissons).
La créatine est utilisée pour accroître la force et accélérer la récupération. Par ailleurs, elle pourrait jouer un rôle masquant en faussant les analyses d'urine.
Bien que présentée comme dépourvue d'effets secondaires, les utilisateurs assidus de cette substance ont déjà eu à subir des phénomènes d'œdèmes dus à des rétentions d'eau. De plus, tout laisse à penser qu'une utilisation massive pourrait favoriser la survenue de nombreux cancers et engendrer des lésions du cœur et des reins. En dépit des risques qui se précisent de mois en mois, la grande majorité des sportifs de haut-niveau en utilise.
En France, la consommation et la vente de créatine sont interdits.

Autres "compléments" souvent utilisés, les acides aminés.

8.2 Les acides aminés

Les acides aminés sont les briques de construction de nos tissus, de nos messagers chimiques… (diététique).
L'entraînement ayant tendance à accélérer les destructions de nombreuses protéines (fibres musculaires, globules rouges…), la prise d'acides aminés, ramifiés notamment, (leucine, isoleucine, valine…) est utilisée dans l'objectif d'accélérer la récupération. Les études menées confirmeraient que la prise de préparations à base d'acides aminés ramifiés diminuerait la sensation de fatigue et les lésions musculaires tout en accélérant la synthèse protéique après l'effort.
Cette pratique n'étant pas interdite, elle est devenue le lot de la plupart des athlètes de haut-niveau. Toutes les revues traitant peu ou prou d'activités physiques regorgent de publicités pour tel complément ou tel groupe para-pharmaceutique les distribuant. En 1999, les Américains ont consommé pour près de un milliard de dollars de suppléments alimentaires de ce type.

Selon certains "spécialistes", cette pratique ne serait ni plus ni moins dangereuse qu'une simple prise de vitamines.

8.3 Les vitamines

Intervenant comme co-acteurs des réactions chimiques, les vitamines sont indispensables au bon fonctionnement de l'organisme (troubles biologiques / les vitamines).
Une pratique physique semblant imposer une consommation accrue de vitamines, certains athlètes en ont abusé.
Déjà dans les années 1960, des doses allant jusqu'à 50 comprimés par jour ont été rapportées. L'idée des athlètes sur-vitaminés était : "si c'est efficace, je serais meilleur, sinon je ne serais que moins riche." Sous ce propos se cachait souvent la relation qui veut que puisque c'est "naturel", ça ne peut pas être mauvais. Pourtant nous savons maintenant qu'une surcharge en vitamines peut avoir des effets néfastes importants (vitamines).
De plus, toute prise de vitamines place l'organisme en état de passivité. Habituellement, il est capable de synthétiser une grande quantité d'entre elles. Toutefois, en cas d'apport extérieur, il a tendance à "oublier" momentanément cette disposition. Résultat, si la cure vitaminique s'arrête, il peut se retrouver subitement en état de carence.

Cela n'empêche pas que les prises de vitamines - avant tout destinées à rassurer - se poursuivent et même s'intensifient. Actuellement, la mode est même à l'injection de vitamines (notamment celles du groupe B) et de glucose en transfusions. Aux dires de l'encadrement pratiquant ces méthodes, cela accélérerait la récupération et tout spécialement la reconstitution des stocks de glycogène.
Quant aux risques d'infections virales, on en parle pas !

Dans le même registre que les vitamines, des substances comme le Ginseng ont été testées dès les années 40 avec, selon les expérimentateurs, des résultats concluants.

Puisqu'on est dans le secteur des adjuvants "alimentaires" à la performance restons-y avec la caféine.

8.4 La caféine

Absorbée en quantité, la caféine active l'utilisation des graisses, par augmentation de la production d'adrénaline, ce qui permettrait d'épargner le glycogène. Par ailleurs, elle limite la sensation de fatigue et provoque une stimulation générale (nerveuse et cardio-respiratoire) de l'organisme.
Selon le spécialiste de la physiologie de l'effort, David L. Costill, elle pourrait jouer un rôle non négligeable dans l'amélioration des performances des sportifs d'endurance.
En contrepartie de ces effets bénéfiques, elle induit une déshydratation néfaste à la pratique des activités de durée. De plus, elle pourrait avoir des conséquences négatives sur les sportifs déjà stressés par l'épreuve.

Continuons avec les substances qu'il est possible de trouver dans l'alimentation.

8.5 Les alcalins

L'activité physique intense provoque une acidification de l'organisme. Dès lors, toute substance capable de limiter la survenue ou d'accélérer la disparition de cette acidité est susceptible de favoriser la performance. Les alcalins font partie de ces substances.
Les premiers à les avoir utilisés en course sont les Allemands (années 1950). Ils dissolvaient les sels (bicarbonates) dans la boisson des athlètes.

Les sels alcalins ont également été utilisés en complément de l'utilisation d'amphétamines. En effet, ils favorisent l'absorption de ces substances au niveau rénal ce qui peut présenter un double avantage :
prolonger leur activité
éviter d'être pris positif aux contrôles

Quand nous parlons de masquage de produits dopants, nous pensons immédiatement aux diurétiques.

8.6 Les diurétiques

Les diurétiques sont des substances habituellement consommées dans les sports à catégories de poids. En effet, elles drainent les liquides de l'organisme, favorisent leur élimination et permettent ainsi de perdre rapidement du poids.
Les sportifs qui n'ont pas de soucis de poids dans leur activité les utilisent soit pour lutter contre la rétention d'eau provoquée par le dopage aux corticoïdes, soit pour échapper aux contrôles anti-dopage.
Dans ce dernier cas, le protocole est le suivant. Après l'arrivée, le sportif ingère rapidement des diurétiques, il va uriner tout ce que son corps contient d'eau et de substances illicites, il se fait injecter de l'eau distillée dans la vessie puis passe aux contrôles. La modification du déroulement des contrôles qui est intervenue dans les années 80 a rendu impossible cette pratique. Actuellement, les sportifs ont plutôt tendance à absorber des cachets de sels pour garder les liquides organiques et à boire de grandes quantités d'eau afin de diluer les substances ingérées. Les spécialistes d'endurance ont recours à cette pratique pour diminuer le taux d'hématocrite par augmentation du volume sanguin.

8.7 Les substances analgésiques

Les substances analgésiques courantes (aspirine, codéine…) ou plus rares (dérivés de l'opium ; morphine, héroïne) peuvent être utilisées dans les activités d'endurance dans l'objectif de limiter la douleur ressentie.
Des cas de prise de 8 comprimés d'aspirine ont été détectés avant le départ des marathons.
Ponctuellement, ces substances sont utilisées comme anti-inflammatoires et pour éviter d'avoir à endurer les effets douloureux d'une blessure.
Les dérivés de l'opium sont plus certainement utilisés dans les différents sports comme stimulants permettant de supprimer les mécanismes d'inhibition intervenant au niveau du système nerveux central.

La cocaïne peut elle aussi remplir des fonctions analogues.

8.8 La cocaïne

La cocaïne est utilisée depuis l'origine des sports modernes comme stimulant. Actuellement, il est pensable qu'elle soit également absorbée pour favoriser les mécanismes musculaires (amélioration de l'endurance notamment). On la retrouve parfois mêlée à l'héroïne et aux amphétamines.

Derniers produits que nous abordons, les bêta-bloquants.

8.9 Les bêta-bloquants

Les bêta-bloquants sont des hormones qui ont une action inverse à celle des bêta-agonistes (bêta-agonistes). Elles inhibent les récepteurs à adrénaline. Leur ingestion aide à la concentration, à la relaxation, à la stabilité émotionnelle. Elles limitent les tremblements et ralentissent le rythme cardiaque. Il va de soi que ces adaptations sont plus à même de réduire la performance aérobie que de l'améliorer. En fait, les sportifs pratiquant une discipline qui nécessite de la précision et de la concentration (tireurs) sont les principaux utilisateurs de bêta-bloquants. Au niveau de la performance, ils y gagnent sur tous les tableaux. Stressant moins, ils se concentrent plus aisément, ils tremblent moins et disposent de plus de temps pour tirer entre les pulsations cardiaques.
Les risques liés à ces produits sont faibles : hypoglycémie, diminution du débit cardiaque entraînant des mains froides, quelques signes de fatigue et une diminution des performances sexuelles.

Si l'utilisation des bêta-bloquants est réservée à quelques sports, la prise de sédatifs dérivés de la benzodiazépine (Valium…) peut être utilisée dans tous les sports afin de calmer les sportifs les plus stressés par la compétition.

Nous avons à peu près fait le tour des produits utilisés ; terminons par trois pratiques qui ne sont pas interdites.

8.10 Le régime dissocié scandinave

Nous parlons de ce régime venant du froid dans le secteur diététique.
La performance de longue durée est liée au taux de sucre stocké dans les muscles sous forme de glycogène. Une pratique diététique permet de multiplier ce taux jusqu'à trois fois : le régime dissocié scandinave.
En 1967, l'équipe de scientifiques composée de Bergstrom, Hermansen, Hultman et Saltin tenta une expérience visant à accroître la quantité de glycogène stockée dans les muscles. Pour cela, elle utilisa 3 groupes de sujets dont l'alimentation et l'entraînement variaient.
groupe 1 : alimentation riche en glucides dans les 3 derniers jours
groupe 2 : effort intense et prolongé (J-6 à J-4) puis nourriture riche en glucides pendant 3 jours
groupe 3 : effort intense et prolongé (J-6 à J-4) puis alimentation riche en graisses et protéines mais pauvre en glucides (J-5 et J-4) et enfin 3 jours avec des repas riches en glucides et un entraînement léger.

A l'issue de l'expérience, le groupe 3 a présenté les taux de glycogène les plus élevés.

Cette pratique devenue très populaire, a engendré de nombreuses contre-performances (épuisement, problèmes digestifs). Les Américains en ont proposé une version "light".
Pour une compétition se déroulant le dimanche, le mercredi après-midi est réservé à un entraînement très intense . Le repas du soir se compose de protides et de lipides. Le petit déjeuner du jeudi matin est formulé sur la même base. Il est suivi d'un entraînement intense. Ensuite, du jeudi midi jusqu'au jour de la compétition, les repas sont riches en glucides.
Cette technique permettrait de bénéficier d'une bonne partie des avantages du régime scandinave tout en limitant les troubles digestifs et la fatigue provoquée.

8.11 L'altitude

Amorcée lors de la préparation aux jeux de Mexico puis retombée, la vague de l'entraînement en altitude est de nouveau repartie.
La diminution de la pression atmosphérique intervenant lors de la montée en altitude provoque sur l'organisme des effets similaires à ceux de l'entraînement aérobie. Les systèmes respiratoires, cardio-vasculaires sont activés ; le stress oxydatif exercé sur les muscles est accru. L'activité des hormones aérobies est augmentée, la formation des globules rouges (érytropoïèse) est accélérée. Toutes ces adaptations permettent théoriquement de bénéficier d'un avantage dans les semaines qui suivent le retour en plaine.

8.12 L'électrostimulation

Utilisée depuis les années 70 par les sportifs soviétiques, l'électrostimulation est une pratique qui consiste à utiliser des courants électriques adéquats pour provoquer la contraction musculaire. Des plaquettes de métal qui transmettent le courant sont disposées sur la peau en des endroits appelés points moteurs (à la jonction d'un muscle et de son nerf moteur). Chaque influx électrique engendre une contraction du muscle qui peut être apparentée à un travail de musculation. Toutefois, par rapport à sa grande sœur, l'électrostimulation permet de cibler plus précisément, l'intensité du travail et les fibres musculaires activées.
Utilisée dans toutes les disciplines, l'électrostimulation permettrait - aux dires des spécialistes - d'obtenir des gains de force pouvant aller de 50% en quelques jours à 150% en quelques mois.