troubles biologiques - les carences - carence en fer
   

Le fer

Comme le magnésium, le fer fait partie de la catégorie des oligo-éléments.
Le fer a un rôle très important quant au transport des gaz dans le sang - il constitue l'atome central de la molécule d'hémoglobine - et à la respiration cellulaire (cytochromes). Près des deux tiers du fer de l'organisme seraient affectés à ces fonctions.

Or, les taux de fer mesurés chez les spécialistes de course de longue durée très entraînés peuvent révéler des carences touchant plus de ¼ des hommes et plus de ¾ des femmes (Clément et Sawchuck, 1984).
Voyons quelles peuvent être les origines de ces carences.

1 Pertes en fer et "anémie du sportif"

Naturellement, une petite quantité de fer est éliminée par les urines, la sueur, les excrétions et chez les femmes lors de la menstruation. Cependant, un régime alimentaire moyen permet de compenser largement ces pertes.

Pourtant, de nombreuses carences sont associées à la pratique physique intense. Ces déficits et la baisse du taux d'hémoglobine qui peut en dériver ont conduit au nom "d'anémie du sportif".
Selon certains auteurs, l'anémie du sportif peut s'expliquer par :
une excrétion accrue par transpiration
une diminution de l'absorption suite aux adaptations (ou troubles) de la digestion liées à la pratique physique
une augmentation du rejet dans les selles suites à ces mêmes troubles digestifs. Des atteintes des muqueuses gastrique et intestinale conduisent à des hémorragies donc à la fuite du fer contenu dans l'hémoglobine (voir chapitre suivant : les troubles digestifs).
un régime alimentaire pauvre en ce minéral. Cette origine est surtout prégnante chez les sportifs spécialistes d'endurance ou chez les personnes végétariennes.
la dégradation des globules rouges suite à des adaptations hormonales, à l'augmentation du flux sanguin et aux chocs provoqués dans la pratique. En course à pied, le phénomène mécanique direct serait particulièrement marqué sous la plante des pieds.

Par ailleurs, un déficit en cuivre peut provoquer une anémie. En effet, fer et cuivre sont deux minéraux dont les dynamiques sont fortement liées. Dans ce cas, un apport suffisant en cuivre met fin à la carence en fer.

Fort heureusement, selon un mécanisme typique de régulation (physiologie/énergie) l'organisme réagit à un manque de fer par une épargne.

Quelles que soient les origines, un certain nombre de signes permettent de faire penser à une carence en fer.

Repérer l'anémie
Une anémie s'accompagne généralement de symptômes généraux de fatigue :
fatigue extrême
irritabilité, nervosité
apparition de problèmes de la contraction musculaire
difficultés à s'entraîner et baisse des performances physiques

Toutefois, "l'anémie du sportif" peut ne pas provoquer de tels changements, de même qu'elle n'entraîne que rarement une baisse des performances sportives. Ce phénomène pourrait être du au fait que la soi disant anémie n'en est pas une. En effet, l'exercice s'accompagne d'une redistribution du fer dans l'organisme. Les réserves peuvent être mobilisées à des fins de fonctionnement. Toute mesure montrerait alors une réduction considérable des stocks alors que ceux ci ne sont, en fait, que momentanément abaissés.
Seule une mesure judicieuse des paramètres biologiques permet alors de se faire une idée sur les réserves de fer.

L'estimation des réserves en fer de l'organisme se fait notamment par dosage sanguin de la ferritine (précurseur) et de transferrine (transporteur). Ces mesures sont très imparfaites. En effet, elles ne portent que sur un millième des provisions de l'organisme.
Toutefois le fait que la baisse des réserves en fer précède systématiquement la chute du taux d'hémoglobine peut servir de signe annonciateur.

En simplifiant, la survenue d'une anémie peut se faire en trois étapes successives :
1la ferritine, qui est un précurseur du fer, voit son taux baisser.
2le fer sérique, qui est un mode de mise en réserve du fer, baisse à son tour. Cette diminution du fer sérique survenant tardivement, elle doit être prise très au sérieux par le sportif.
3le nombre de globules rouges et le taux d'hémoglobine diminuent - il peut atteindre des valeurs inférieures à 12g/100ml chez l'homme-. Pour repérer la baisse de l'hémoglobine il est important de connaître l'évolution de son taux dans le temps. Ceci suppose que le sportif très entraîné effectue des mesures régulières (plusieurs fois dans l'année).
Quand cette troisième phase est atteinte, le transport des gaz par le sang peut être affecté ; les taux de lactate à l'exercice peuvent être augmentés.

La succession de ces trois étapes s'explique par le fait que la moelle osseuse de l'organisme a besoin de fer pour élaborer les jeunes globules rouges (réticulocytes). Si les stocks ne sont pas suffisants, la synthèse, donc à terme la quantité de globules rouges, est réduite. C'est par ce processus que la ferritine et le nombre de jeunes globules rouges sont liés.

Une diminution de l'entrain et des performances sportives, des analyses sanguines reflétant un déficit en ferritine ou en fer sérique peuvent inciter le sportif à prendre des dispositions alimentaires.


2 Corriger et prévenir

Ici encore, la prévention des carences passe, en tout premier lieu, par un régime alimentaire adapté. Plus que la quantité de fer absorbée, ce qui compte c'est la disponibilité de cet élément pour l'organisme. Selon l'aliment qui le porte, le fer est, en effet, plus ou moins facilement ingéré.

En moyenne, 10% du fer contenu dans les aliments que nous mangeons est absorbé par notre organisme. Cependant, cette proportion varie considérablement selon le type d'aliment ingéré et notre statut en fer. Concernant le premier point, le taux d'absorption peut changer d'un coefficient 20 selon que le fer est d'origine animale (fer facilement assimilable) ou d'origine végétale (fer difficile à assimiler). Ce n'est donc pas une surprise de constater que les athlètes présentant des réserves de fer basses ont tendance à manger très peu de viandes (Ledoux 1988).
Cette absorption du fer est facilitée par certaines vitamines (C, B9 et B12). Ainsi, des aliments comme les agrumes, les légumes gagnent à être mangés en association avec la viande. A l'inverse, d'autres aliments consommés en excès (son, produits laitiers, épinards, café, thé, jaune d'œuf…) limitent l'ingestion de fer.

En pratique, le sportif pratiquant les sports d'endurance pourra :
manger un fruit ou boire un jus d'orange avant le repas
prendre régulièrement de la viande ou du poisson
manger du foie de temps à autre (par exemple tous les 10 jours). Un seul steak de foie couvre la totalité des besoins en fer d'une journée.
donner une place aux légumes, aux lentilles.
prendre de la levure de bière (levure diététique) si ce complément lui plaît.

Ces conseils alimentaires permettent le plus souvent d'éviter la supplémentation. Dans tous les cas, ce dernier recours doit être ordonné et surveillé par un médecin compétant. Il s'accompagne parfois de troubles intestinaux marqués.



Bibliographie

Clement DB, Sawchuk LL. Iron status and sport performance. Sports Med 1984 ; 1 : 65-74.
Gimenez M. Effets de l'entraînement aigu et chronique sur le fer. IXème séminaire de bioénergétique. Les troubles biologiques liés à l'entraînement physique intense. 1989 ; 65-69.
Keul J, Jacob E, Berg A, Dickhuth HH, Lehmann M, Huber G. Performance in relation to vitamins iron and sports anaemia. 2 : 51-69. In Shrimpton DH et Berry P : Nutrition in Sport. Eds Shaklee (UK) Limited, 1987.
Ledoux M. La nutrition sportive et l'étude des carences en fer chez les athlètes. Interface sept-oct 1988.
Ziegler O. Le fer. Sportifs, faut-il s'en faire ? Gastro sport actualités 1993 ; 3 : 4-7.


 



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